Aux jeunes loups de s’imposer
Il y a un véritable buzz présentement, dans le circuit de tennis masculin, entourant trois jeunes stars montantes du sport: notre Canadien Milos Raonic, l’Australien Bernard Tomic et le Japonais Key Nishikori. Ce dernier vient d’ailleurs de disposer du spectaculaire Jo-Wilfried Tsonga, 6e tête de série à l’Open d’Australie, en cinq sets très, très chaudement disputés. On le verra donc en quarts de finale contre Andy Murray.
Ce même Murray qui est toujours à la recherche de son premier titre en Grand Chelem. Selon toute logique, c’est Murray, 4e tête de série, qui devrait l’emporter. Mais c’est exactement ce que Nishikori essaiera de contrer lors de ce duel. Et c’est précisément ce que ces trois jeunes se devront de faire s’ils veulent gravir les échelons.
Parce que depuis plusieurs années, le tennis masculin est dominé par un top 4 extrêmement constant. À commencer par le Maître Roger Federer, qui en est à 16 titres en Grand Chelem tous récoltés entre 2003 et aujourd’hui. Son grand rival, Rafael Nadal est le seul qui lui a bloqué la route à quelques reprises durant cette période, avec sa belle récolte de 10 titres en tournoi majeur, dont 5 sur terre battue à Roland-Garros. Et maintenant, il y a Djokovic, nouveau n°1 mondial qui surpasse tout ce beau monde et qui joue du tennis quasi sans faille. Le 4e, Andy Murray, est toujours aussi dominant, même si ses plus grands accomplissements à ce jour se retrouvent plutôt dans de plus petits tournois.
Plusieurs considèrent donc notre période comme la Golden Era du tennis, puisque la plupart du temps, dans les carrés d’as de ces grands tournois, ce sont les quatre meilleurs joueurs au monde qui se disputent une place en finale.
Il revient donc aux jeunes loups de briser cet ordre quasiment pré-établi. Comme l’a fait Roger Federer lors de sa brillante victoire contre Pete Sampras, en 2001, en huitièmes à Wimbledon. Le Federer de l’époque, encore considéré comme un jeune joueur avec beaucoup d’avenir, venait de s’immiscer pour la première fois dans le niveau supérieur. Il va confirmer sa place dans le top mondial en 2003, lors de sa première conquête du trophée de Wimbledon. S’en suivra une carrière phénoménale dont nous connaissons tous les exploits.
Il est toutefois dangereux de mettre sur leurs épaules tout le poids de leurs nations respectives. Nishikori, par exemple, est le Japonais le mieux classé de l’histoire du pays. Âgé de 22 ans, cela fait déjà depuis 2008 qu’on le voit comme une étoile montante du circuit. Ses derniers accomplissements sont toutefois notables, ayant réussi à atteindre le 26e rang mondial en fin d’année 2011.
Bernard Tomic, 19 ans, est déjà pressenti comme le porte-étendard du tennis australien, successeur de l’ancien n°1 mondial Lleyton Hewitt, qui se fait vieux et qui n’a plus rien remporté d’important depuis plusieurs années.
Et Milos Raonic, notre Canadien, qui est en train d’imposer son service comme l’un des plus dévastateurs du circuit. Le grand gaillard de 21 ans est l’Espoir, avec un grand E, du tennis canadien. Il a été la révélation de l’ATP en 2011, avec un début d’année tout feu tout flamme, notamment une huitième de finale à Melbourne, un titre à San José et une finale à Memphis. Il y gagne plus d’une centaine de rangs au classement. Il est présentement classé 25e, tout juste devant Nishikori.
Beaucoup d’espoirs reposent donc sur les épaules de ces jeunes joueurs encore tout verts. Peut-être même trop. Laissons-les se développer. Laissons-leur la place pour améliorer leur jeu pas à pas, se frotter aux meilleurs de plus en plus souvent et apprendre comment le tennis se dispute à ce niveau supérieur. Ce talent brut doit être poli. Il n’en sera que plus constant, confiant et spectaculaire. Une fois bien préparés, nous aurons tous les droits de nous exciter des beaux parcours de nos jeunes athlètes.
D’ici un an ou deux, je suis confiant que l’on va voir un de ces trois joueurs gagner un ou plusieurs tournois majeurs. Et on peut espérer qu’ils vont réussir à déloger le top 4 qui se trouve en véritable position de force face aux joueurs qui les suivent au classement.
Jean-François Téotonio
Jean-François Téotonio étudie en Journalisme à l'UQAM. Littéralement passionné par l'«événement sportif», il s'intéresse à tous les sports, en particulier au tennis, au soccer et au hockey sur glace. Toujours à la recherche des émotions qu'engendre un match important, tous sports confondus, il saura vous les commenter avec sa plume droite et éclairée.

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