Nouvelle ère au mondial junior?
La Suède remporte la médaille d’or au championnat du monde junior de hockey sur glace, mettant fin à une disette de plus de trente ans. En 2010, les États-Unis s’étaient mérités le même titre, eux-aussi pour seulement la deuxième fois de leur histoire. Depuis 2009, quatre pays différents se sont échangés la première place sur le podium. Une parité rafraîchissante dans un tournoi où les deux équipes dominantes, les Canadiens et les Russes, raflent l’or près de 80% du temps
Comment expliquer un si faible rendement chez les pays scandinaves? Ce n’est pourtant pas le talent qui manque dans un pays comme la Suède. Au fil des ans, de jeunes joueurs comme Peter Forsberg, Markus Näslund et les frères Sedin ont eu l’occasion de se démarquer lors du tournoi. Mais même lorsque Forsberg a établi le record du plus grand nombre de points inscrits en un seul tournoi avec sept buts et vingt-quatre passes, la Suède a dû se contenter de la médaille d’argent.
Cette année, les Suédois ne se sont pas démarqués individuellement au niveau des statistiques. Certes, Max Friberg s’est classé troisième meilleur attaquant au côté du Canadien Mark Stone, mais aucun autre de ses coéquipiers ne se retrouve parmi le top 15. C’est plutôt la profondeur de l’équipe nationale suédoise qui aura eu l’avantage sur ses adversaires, capable de s’adapter aux différents styles de jeu de ceux-ci. Lors de la demi-finale contre la Finlande, c’est avec un effort collectif soutenu qu’ils sont parvenus à rattraper un déficit de deux buts, dominant 57 contre 24 au chapitre des tirs au but. De la même façon, la Russie, l’équipe qui a fait tomber le géant canadien, s’est inclinée en finale contre la Suède après avoir accordé 58 tirs.
Le championnat mondial de hockey junior est reconnu comme un tournoi où les avances sont volatiles et les changements de momentum souvent brusques et impardonnables. En 2011, le Canada avait connu un tel revirement en final contre la Russie. Alors que l’équipe canadienne débutait la troisième période avec une avance de 3-0, les Russes ont rapidement changé le rythme du match pour effectuer une remonté de cinq buts sans réplique. Comme si, un peu comme l’année précédente où ils se sont laissés dépasser par les Américains, ils avaient sous-estimé les capacités de leur adversaire. Ajoutons à cela l’énorme pression exercée sur les jeunes joueurs canadiens à qui l’on demande de rapporter, chaque année, rien de moins que l’or.
De son côté, la Suède connaissait une autre genre de pression avant sa plus récente victoire. Alors que le Canada doit défendre son titre de champion une fois sur deux depuis les vingt dernières années, les Suédois convoitaient la première position depuis près de trente ans. C’est une équipe agressive, affamée de revirements, de rebonds et de tirs au but qui s’est présentée à chaque rencontre cette année.
De 1993 à 1997, le Canada gagne cinq médaille d’or consécutives. Les quatre années suivantes, trois pays différents se méritent la première position, dont deux fois la République tchèque. Entre 2005 et 2009, l’équipe canadienne domine encore le tournoi avec cinq titres. Depuis, trois autres pays se sont partagés l’or. Peut-on alors parler de cycle au championnat mondial junior de hockey? Peut-on conclure que ce n’est pas nécessairement l’équipe la plus talentueuse qui l’emporte, mais bien la plus assoiffée de victoire? Probablement pas, mais on ne peut négliger cette tendance qui semble se dessiner.

Le jeune Mika Zibanejad, de la Suède, a été repêché en première ronde par les Sénateurs d'Ottawa, lors du repêchage 2011 de la LNH. (Cyberpresse.ca)
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Francis Dufresne
Étudiant en journalisme à l'Université du Québec à Montréal, Francis Dufresne s'intéresse au sport seulement depuis quelques années. Cependant, il approche ce domaine avec la même rigueur que la politique ou la culture, ses autres passions.

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