Giants 2, Patriots 0
Avez-vous eu vous aussi une impression de déjà-vu? Une première demie tranquille, les Patriots qui prennent l’avance, un attrapé spectaculaire du côté des Giants pour aboutir à un touché. Des airs de 2007?
Et comme en 2007, ce sont les Giants qui ont vaincu. Je n’aimerais pas être du côté des Patriots, surtout de ceux qui y étaient quatre ans auparavant.
Qu’est-ce qui a joué contre les Patriots cette fois? C’est qu’ils ont été complètement dominés au niveau du temps de possession. Tom Brady n’a eu le ballon que pendant près de 22 minutes. Quand on ne passe que le tiers du match en attaque, c’est difficile de marquer des points. Surtout avec les Pats, qui misent surtout sur les courtes passes pour avancer sur le terrain.
Par exemple, leur poussée à la fin du deuxième quart qui s’est terminée avec le touché de Dany Woodhead a pris trois minutes et cinquante-cinq secondes. En plus, ils ont pu bénéficier de la pause des deux minutes et ils ont demandé deux timeouts. Comparativement, les Giants n’ont pris que deux minutes et quarante-neuf secondes pour marquer le touché. Ils ont également eu droit à la pause des deux minutes et à un timeout, mais ce dernier provenait des Patriots.
Mais les Patriots n’ont pas mal joué, au contraire! Après deux erreurs coûteuses dans les premiers instants du match qui ont permis aux Giants de s’afficher au pointage, les Pats ont pris leur élan et ils ont marqué 17 points consécutifs. Mais qu’est-ce qui s’est produit pour que tout tombe d’un coup et que les Giants partent avec la victoire?
Les trop nombreux attrapés ratés par les receveurs lors des dernières séquences ont mené à la perte de Tom et sa bande. Dans l’avant-dernière séquence, Wes Welker et Deion Branch avaient le ballon pratiquement dans leurs mains, ils y ont touché…mais n’ont pas réussi l’attrapé. Dès qu’on commence comme receveur, la première chose qu’on apprend c’est « si tu touches le ballon, tu dois l’attraper ».
Les passes de Brady n’étaient pas imprécises comme plusieurs l’ont mentionné. Lors des passes vers Branch, Welker ou Aaron Hernandez, même si les passes n’étaient pas faciles, elles étaient captables c’est certain. C’est pourquoi j’ai beaucoup de difficulté à comprendre ceux qui mettent la faute sur Brady pour la défaite des siens. Oui, il n’était pas à son meilleur, mais il a su garder son équipe dans le match tout de même. Finalement, ce qui les a coulés, c’est les chances ratées.
Un autre aspect qui a permis aux Patriots de rester dans le match est la tenue de la ligne offensive. Plusieurs avaient des doutes quant à leur capacité à arrêter le dangereux front défensif des Giants. Usi Omenyiora a été totalement invisible et n’a pas été un facteur du tout dans le match. Jason Pierre-Paul a été un peu, mais deux plaqués, c’est trop peu. Une chance qu’ils pouvaient compter sur Justin Tuck qui a réussit deux sacs du quart cruciaux, mais on y reviendra. La majorité du temps, Tom Brady avait tout le temps du monde dans sa pochette pour analyser le terrain et ses options de passe.
En fin de compte, c’est malheureux pour les Patriots, qui avaient connu une magnifique saison. Le fait que Rob Gronkowski n’a pas pu jouer à son plus haut niveau a grandement joué dans la balance, car les Giants savaient qu’il n’était pas un aussi gros danger qu’avant. Ils n’avaient qu’à donner plus d’attention à Welker et Hernandez et ça a rapporté dans leur cas.
Un mot sur la décision de Bill Belichick de demander à sa défense de laisser passer le porteur de ballon Ahmad Bradshaw pour le touché. Belichick est un fin stratège et il savait bien ce qu’il faisait. En le laissant marquer, son équipe allait reprendre le contrôle du ballon avec plus de temps au cadran que si elle l’avait stoppé. Si les Giants avaient alors marqué le touché, Tom Brady aurait eu encore plus de terrain à parcourir avant la fin du match. Le bon vieux Bill a pris un pari risqué et on l’aurait canonisé si les Patriots avaient réussi à remporter le match. Mais tout ce qu’on peut faire avec des « si »…
Il reste peu de temps pour Brady s’il désire avoir une quatrième bague à sa main. À 35 ans, il n’est plus tout jeune et c’était peut-être la dernière chance qu’il avait de se rendre au Super Bowl. Au moins, il peut se dire que son avenir dans sa ville est plus certain que celui de son collègue Peyton Manning!
Les Giants ne l’ont pas volé!
À seigneur tout honneur, je vous gardais le meilleur pour la fin avec les champions, les Giants de New York!
On en a parlé depuis deux semaines, je vous l’ai répété, les Giants avaient le momentum dans ce match. Et ils l’ont utilisé! Ils sont arrivés confiants sur le terrain et même si les erreurs des Pats ont aidé, ils ont marqué les premiers points du match et le doute s’installait déjà chez les partisans de la Nouvelle-Angleterre.
Même si au début du troisième quart les Patriots étaient en parfait contrôle du match, la troupe d’Eli Manning n’a pas baissé les bras et a continué de se battre. Résultat, il ont marqué douze points consécutifs, les douze derniers du match et ils ont vaincu.
Cette équipe a définitivement une force de caractère incroyable. Pendant la mi-temps, l’entraîneur des Giants Tom Coughlin a dit à ses joueurs qu’ils ne jouaient pas comme ils le pouvaient. Le message s’est bien fait comprendre et ils ont renversé la vapeur.
Ce Super Bowl a finalement permis à Eli Manning de monter au rang des meilleurs quarts de la ligue. Je dois vous l’avouer, j’ai toujours eu des doutes quant à la capacité de Manning de faire partie de ce groupe. Ses premières années avaient montré un beau potentiel, mais il semblait avoir stagné. Cette saison, Eli est vraiment sorti de son cocon et il a démontré ses grandes habiletés. 276 verges de gains par la passe c’est déjà excellent, mais c’est surtout le pourcentage d’efficacité de 75% qui m’impressionne, surtout quand on sait que sa moyenne depuis le début de sa carrière et de 58,2%!
Malgré les trois sacs dont il a été victime, il s’est relevé et a continué de jouer un football inspiré. Et ses receveurs ont également répondu à l’appel! On attendait Hakeem Nicks et Victor Cruz, mais tout le monde le sait, Mario Manningham a été le véritable héros de la brigade de receveurs des Giants. Sans son attrapé de 38 verges en fin de match dans la dernière poussée de son équipe, qui sait ce qui aurait pu se produire! Je peux même vous affirmer que tous ceux qui ont regardé la partie se sont rappelés David Tyree en 2007! Confiné au rôle de troisième receveur cette saison, Manningham a trouvé le bon moyen de faire parler de lui en tout cas!
En somme, même si la défensive des Giants, de qui on attendait un match incroyable, s’est faite plutôt tranquille, l’attaque a assez bien fait pour permettre aux Giants de gagner. Mais de toute façon, peut-on réellement être certain de quelque chose dans un Super Bowl, à part d’assister à une excellente partie de football!
Ça pourrait vous intéresser
Hugo Trahan
Hugo étudie présentement à l'UQAM en journalisme. Passionné de sports, particulièrement de hockey et de football, le calibre importe peu. Porté par un intérêt certain pour la statistique et le côté moins médiatique du sport, ses chroniques témoigne de son amour pour ce domaine.

Très bien résumé! Branch en était à son dernier match avec les Pats à mon avis, eux qui misent de plus en plus à un jeu d’ailliers rapprochés de toute façon.
Attendez-vous à ce qu’il y ait un gros travail de remaniement de la tertiaire bostonienne dans l’entre-saison.