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La ringuette pour les nuls

Le monde du sport a toujours été, de l’Antiquité jusqu’à maintenant, un milieu majoritairement masculin. No offence, mais il suffit de regarder le nombre de chroniqueuses sportives au Camp des recrues ou même à RDS (où Chantale Machabée est de loin la plus connue de ces exceptions…google it) pour comprendre.

Néanmoins, on peut voir une évolution constante dans ce domaine, depuis le XIXe siècle où les femmes étaient cantonnées à la gymnastique, la danse et quelques autres disciplines où elles étaient marginalement acceptées. Les premiers Jeux olympiques modernes en 1896 excluaient eux-aussi les femmes et il fallut attendre les deuxièmes Jeux olympiques de 1900 où elle purent jouer… au golf et au tennis. Wouhouhou!

Maintenant, bien que certains sports soient encore traditionnellement masculins, la plupart des sports sont enfin accessibles aux femmes. Il suffit de penser au football, au hockey, à la boxe et au rugby où les femmes font de plus en plus leur place, dans des ligues plus ou moins professionnelles. Je connais même, depuis peu, un sport qui est à 100% féminin. Il s’agit du « championnat alternatif » de football en lingerie où le recrutement des joueuses est fait en fonction des attributs physiques plutôt que des réels talents sportifs, où une partie du contrat consiste à faire des photoshoots et où l’équipement fourni par la ligue permet vraiment bien aux joueuses de se protéger…

Source: LFL 360

 

Trêve de plaisanteries, le vrai sport dont je voulais vous parler est la ringuette. Il s’agit d’un sport inventé au Canada en 1963 par Sam Jacks, qui voyant ses fils jouer au hockey et avoir des bourses d’études grâce à ce sport, s’est dit que les filles devraient avoir la même opportunité de monter sur la glace et d’avoir un sport qui leur est propre. La ringuette est ainsi née. On la pratiquait tout d’abord en Ontario et au Québec, mais bientôt le sport s’est répandu au Canada en entier, puis en URSS, en Finlande, en France, au Japon et bientôt un peu partout à travers le monde. Le premier championnat du monde de ringuette a d’ailleurs eu lieu en 1990 dans la ville de Gloucester, en Ontario. Le trophée remis lors de cet évènement porte le nom du fondateur de ce sport typiquement féminin.

ringuette patinoire extérieure

Source: arts-and-sports-painting.com

 Jusqu’à dernièrement, j’étais persuadée que la ringuette et le hockey cosom, c’était la même chose. Mais ma collègue Alexandra Piché m’a bien vite remise sur le droit chemin: la ringuette, ça n’a RIEN à voir avec ce que mes professeurs d’éducation physique ont essayé de me faire jouer au secondaire. Les lunettes protectrices trop grandes et les brûlures aux genoux sur les planchers du gymnase quand on glisse par terre ne sont pas synonymes de ringuette. Alléluia ! J’étais déjà plus disposée à l’écouter me parler du sport qu’elle pratique depuis quelques années.

En fait, la ringuette ça ressemble beaucoup au hockey sur glace, mais avec quelques spécificités qui lui sont propres (si vous ne connaissez pas les règlements du hockey, vous pourrez les apprendre ici). Tout d’abord, puisque c’est un sport qui est pour l’instant exclusif aux filles, il a été décidé que l’uniforme sportif aurait plus de style (comprendre ici, serait moins laitte) : exit les shorts et les bas qui montent au genou, ça manque vraiment de classe, des pantalons c’est bien mieux ! Exit aussi le jock strap (est-ce que j’ai vraiment besoin de vous expliquer pourquoi?). Avec le temps, les fabricants de vêtements pour sport ont enfin commencé à fabriquer des épaulières spécialement faites pour femmes afin de protéger leurs propres bijoux de famille. Une autre spécificité de l’uniforme de la ringuette part rapport à celui du hockey, est que la grille du casque du gardien de but (Gandalf, pour les intimes) est faite de triangles plutôt que de carrés afin d’empêcher la pointe du bâton ringuette de blesser la joueuse.

masque gardien de but ringuette

Source: www.ringuette.ca

 Les différences ne sont pas seulement par rapport à l’habillement, sinon on dirait qu’elles jouent au hockey avec style plutôt qu’elles jouent à la ringuette. Au lieu d’avoir un bâton de hockey et une rondelle pour jouer, les joueuses de ringuette utilisent un bâton droit et un anneau. Lorsqu’elles veulent s’en emparer, elles doivent donc «piquer» au centre de l’anneau plutôt que seulement la pousser avec le bout de la palette. C’est une technique beaucoup plus complexe, que les joueurs et joueuses de hockey ont souvent de la difficulté à maîtriser lorsqu’ils essaient la ringuette.

anneau ringuette

source:arts-and-sports-paintings.com

 

Au niveau des règlements, il y a quelques différences majeures, par rapport au hockey.

1. La ligne bleue: on ne peut pas dépasser la ligne bleue de la patinoire en gardant l’anneau, on doit plutôt faire une passe. Ce règlement oblige les joueuses à faire plus d’échanges, à mieux communiquer et permet à plus de personnes d’être impliquées dans le jeu.

2. La ligne de ring (lignes qui traversent les cercles dans chacune des zones) : il ne peut y avoir plus de 4 personnes (incluant le gardien de but) derrière cette ligne simultanément. Transgresser cette règle amène une pénalité qu’on appelle «quatre dans la zone».

3. Contrairement au hockey, il est interdit pour un joueur de pénétrer dans la zone du gardien (la demie lune bleue poudre sur l’image).

4. La mise au jeu: c’est ainsi qu’on reprend le jeu après une pénalité, une infraction, un but ou tout autre arrêt. Lorsque le jeu a été arrêté à la suite d’une infraction ou d’une pénalité, l’équipe non fautive met l’anneau en jeu dans le cercle le plus près de l’endroit de l’arrêt du jeu. En début de partie, la mise au jeu se fait au centre et c’est l’équipe en visite qui commence en possession de l’anneau. La joueuse sélectionnée doit ainsi faire une passe à une de ses coéquipières. (Pour ceux qui sont familiers avec le soccer, c’est à peu près la même chose.)

5. La durée d’une partie: dans les ligues amateurs, une partie dure 2 périodes de 15 minutes pour les plus jeunes et 2 périodes de 20 minutes à partir de 14-15 ans. Néanmoins, les règlements internationaux prévoient qu’une partie dure 4 périodes de 15 minutes. C’est ce qu’on appelle passer du simple au double!

source: adhm.info

Si vous êtes curieux au sujet de la ringuette, cette chronique est une sorte de préface à la série d’articles que publiera Alexandra Piché sur Le camp des recrues. Elle suivra la LNR (Ligue nationale de ringuette) au courant des prochaines semaines et nous en fera des comptes-rendus des plus intéressants. Pour la suivre, cliquez ici pour atteindre sa page de profil.

 

Amarilys Proulx

Amarilys étudie en journalisme à l'université du Québec à Montréal. Écrire pour le Camp des recrues, c'est pour elle une manière de sortir de sa zone de confort, mais aussi d'assouvir sa curiosité sur le monde du sport. C'est pourquoi elle vous offrira chaque semaine, avec une petite touche d'humour, la chronique "sport & société''

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