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L’Église catholique de Montréal y croit encore, et vous?

Il faudrait un miracle, une quantité phénoménale de petits lampions et de longues prières pour sauver la saison désastreuse du Tricolore, et encore. Mais certains y croient. C’est en tout cas ce que laisse penser la nouvelle publicité de l’Église catholique de Montréal, parue ce matin dans les quotidiens.

Dans la publicité on voit, au huitième rang du classement de l’Est, le mot  «Prions». Ce petit clin d’œil au Canadien a été réalisé par l’agence Bos, qui travaille depuis 20 ans à créer des campagnes publicitaires pour l’Église catholique de Montréal. Vous vous souvenez peut-être de la dernière campagne du diocèse, où l’on pouvait voir, à l’entrée du pont Champlain, un panneau nous avertissant de faire nos prières.

Crédit photo: Archives du Journal de Montréal

Hugo Léger, vice-président création pour Bos, a confié en entrevue à Salut-Bonjour que les pubs  produites tentent de montrer que «l’Église est partie prenante des enjeux contemporains de Montréal. C’est une façon détournée d’inviter les gens à faire leurs prières».  Alors que l’on a habituellement l’impression que la religion ne fait plus partie de la vie moderne des Québécois et qu’elle représente une institution dépassée, Hugo Léger rappelle, en entrevue au Journal de Montréal, qu’elle est plutôt «une institution vivante, près des gens et de leurs préoccupations».

Les déboires de l’équipe montréalaise ont fait couler beaucoup d’encre. Le hockey que nos glorieux (on devrait plutôt dire ex-glorieux, parce qu’ils ne le sont plus tellement) pratiquent est assez ennuyant à regarder, parfois triste, parfois fâchant, souvent décevant. Les détenteurs de passes de saison ne savent plus par quel moyen revendre leurs billets. Quelques incorruptibles partisans du bleu-blanc-rouge gardent toutefois espoir. «C’est dans des moments d’adversité comme ça qu’on peut vérifier la foi des fidèles du Canadien», renchérit Hugo Léger.

De tous les sujets d’actualité qui auraient pu être exploités, celui de la Sainte-Flanelle est particulièrement bien choisi. En effet, il n’y a pas un endroit au monde où l’on parle plus de hockey qu’ici. Bon an mal an, la couverture médiatique entourant le CH est sans faille. Le Canadien de Montréal est souvent considéré comme étant une véritable religion, avec ses rituels, ses objets sacrés et son vocabulaire particulier. Le vice-président création chez Bos est du même avis : «C’est assez amusant de faire un lien entre les deux grandes religions du Québec. Il y a des analogies à faire entre le hockey et la religion». La religion catholique est, de par son influence dans notre histoire,  symbole culturel important sans même que l’on en prenne conscience. Et le Canadien aussi est une icône de la culture québécoise. Grâce à des joueurs comme Maurice Richard, le hockey est dans la province à tout jamais lié avec l’émancipation des Québécois. On pense ici à l’émeute du Forum en mars 1955. Il existe tout un vocabulaire du hockey qui fait référence à la religion : la coupe Stanley qui est le Saint-Graal du hockey, la Sainte-Flanelle,  la véritable dévotion des partisans qui vouent un culte à l’équipe, les joueurs qui y ont déifié, etc. Un livre très intéressant a d’ailleurs été écrit sur le sujet par un professeur de théologie de l’Université de Montréal (La religion du Canadien de Montréal, par Olivier Bauer et Jean-Marc Barreau, éditions Fides, 2009).

La publicité de l’agence Bos pour l’Église catholique de Montréal semble avoir atteint son objectif premier puisqu’elle a fait beaucoup jaser. «On est assez content de la réaction jusqu’ici», soutient Hugo Léger. Pour faire approuver la publicité, l’agence Bos a dû la tester auprès d’un conseil, dont le cardinal Jean-Claude Turcotte fait partie. «On teste l’idée auprès de notre client, qui se montre très ouvert aux idées et à la publicité», fait remarquer Hugo Léger. Grâce à l’image qui est largement diffusée, l’Église catholique de Montréal espère amasser des fonds lors de sa campagne de financement qui se tiendra du 15 au 30 avril 2012.

Annabelle Leclair

Annabelle Leclair étudie en journalisme à l'Université du Québec à Montréal. Ses chroniques régulières pour le Camp des Recrues lui permettent de partager sa passion pour le hockey des Canadiens. Sa curiosité et son amour du sport sont des atouts précieux pour la rédaction de billets intéressants et variés.

Un commentaire

  1. On se voit à l’église dimanche !!! Parfois, les agences de pub font preuve de génie. Ça nous change de la majorité des pubs télé …

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