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Baseball 2012; Albert « Heisenberg » Pujols

crédit photo: AMC

Ceci est le deuxième article sur la saison de baseball 2012. Pour comprendre le lien entre la culture populaire et le baseball, allez voir ceci. Pour voir les épisodes précédents, allez voir ici. 

On voit un vieux gangster dans une chaise roulante qui se fait sermonner par un de ses anciens souffre-douleur. Celui-ci semble nerveux. Le plus jeune des deux hommes semble en parfait contrôle du débat qui est de toute façon unilatéral. Il s’interrompt soudainement lorsqu’il se rend compte que le viel homme appuie de façon répétitive sur un bouton accroché sur sa chaise roulante. Le visage du dominant change rapidement vers la peur. Le débat est clos.

BOUM !

La chambre explose. C’est la panique dans le centre hospitalier. Sortant de la chambre, un Gustavo (le plus jeune des deux)visiblement en parfaite santé replace sa cravate. La caméra fait le tour et montre une visage semi-terminator de Gus au même moment qu’il s’effondre au sol, cette fois-ci, visiblement mort.

Cette scène de la dernière émission de la 4e saison de Breaking Bad en a surprit plus d’un. Comment une émission si sérieuse pouvait-elle produire une scène aussi ridicule? Simplement parce que cette scène voulait tout dire pour la suite de l’histoire. Il s’agit d’une réflexion complexe, mais en gros, cette scène représentait la passation des pouvoirs vers Walter comme le plus important dealer de drogue de l’Amérique. Alors que le cartel était anéanti, Gus semblait là pour y rester. Celui-ci semblait se sortir de toute les situations sans aucun problème. Comment pouvait t-on le tuer si on est même pas capable d’approcher sa maison sans recevoir un appel de Mike? C’est pour quoi la scène terminator devait avoir lieu. Pour jouer avec l’auditeur, pour lui démontrer une dernière fois que Gus est presque indestructible.

Résultat: Walter White vient de rejoindre Heisenberg, il est maintenant le roi de la drogue.

Albert Pujols a toujours été le roi. Mais le roi de St-Louis. Maintenant en plein milieu de la 2e plus grande villes des États-Unis, Albert rejoint maintenant son Heisenberg.

Comme pour Walter, c’est maintenant le temps de conclure sa carrière sur une belle note. Le moment de prouver qu’il est le plus talentueux de tous les temps. Le temps de poursuivre son magnifique travail qu’il avait commencé sur une plus petite échelle.

Non pas que les réalisations de Pujols à St-Louis étaient minimes et sans histoire. Les Cards sont après tout la deuxième plus victorieuse franchise dans l’histoire du baseball. Mais la petite ville du Missouri reste quand meme un infime marché comparé à celui de L.A. De plus, le marché de la cité des anges est parfait pour un joueur latino-américain alors qu’une grande majorité des habitants de la région sont de cette démographie. On combine cela avec la perte complète d’intérêt envers les Dodgers, et Albert Pujols a tous les ingrédients pour être le Walter White des athlètes de L.A.

Avec son contrat de 10 ans et une attention médiatique beaucoup plus importante, Albert a la chance de prendre une sérieuse option sur le titre du meilleur joueur de baseball de tous les temps. Non seulement au baseball, mais s’il reproduit ses 10 premières années à un rythme de 80%, il sera considéré comme un des plus grands dans la même conversation que Jordan, Gretzky et Tiger.

En 11 saisons, il a frappé 445 circuits (334 pour Barry Bonds qui a fini avec 762, le record) et a maintenu une moyenne de .328!!!! Il n’a jamais frappé en bas de 32 circuits, 100 points produits (avant l’an dernier, il a fini avec 99). De plus, sa durabilité est incroyable alors qu’il n’a jamais manqué plus que 19 parties, ce qui démontre qu’il possède un corps très solide.

Son curriculum vitae est ridicule (dans le bon sens du terme) et il ne se compare à rien d’autre dans l’histoire du baseball. Dans un sport où les chiffres et les records veulent tout dire, la carrière d’Albert risque d’être enseignée dans les livres d’histoire d’ici 50 ans.

Maintenant, il reste à savoir s’il pourra continuer à ce rythme. À 31 ans, il lui reste encore un bon 4-5 ans à être dans son apogée physique. S’il continue comme il est parti, les records seront de l’histoire d’ici 8 ans. Tout laisse croire que ce sera le cas, alors que Pujols démontre une capacité physique lui permettant de revenir de sa blessure, plus performante que la moyenne.

Albert Pujols avec son nouvel uniforme Crédit Photo: Orange County Chronicle

C’est bien beau le côté individuel, mais sera-t-il capable de mener son groupe d’anges au ciel ? Si l’équipe lui donne un Jessie Pinkman et à la limite un Skyler White, ou en d’autres mots, de l’aide loyale, il sera en mesure de mener les Angels à la terre promise. Certains critique la longueur du contrat donné à Albert. Sincèrement, même si les 5 dernières années ne sont pas à la hauteur des 15 premières, le risque en vaut quand même la peine. Payer un joueur sur ses accomplissement passé s’est avéré parfois dangereux, mais il serait tout de même improbable (sinon impossible) qu’Albert cesse de produire comme il l’a toujours fait. Si les Angels ne le faisaient pas, une autre équipe plein d’argent l’aurait fait. Les Yankees, par exemple (ce qui aurait été très comique dans 7 ans alors que A-Rod et lui seraient deux énormes poids financier dans leur fin trentaine).

Cette saison je vois une grande production de la part du roi Albert. Après sa pire saison en carrière, il va rebondir en force dans l’Ouest de la ligue américaine. Ne lui livrez pas tout de suite le trophée, mais je sens que le MVP sera expédié vers la Californie d’ici octobre prochain.

Pour ce qui est de Walter, j’imagine que tout se finira bien pour cette dernière saison. Le temps d’arranger le portrait de Mike, de s’assurer que Jessie ne se retourne pas contre lui, d’éliminer quelques ennemis et il prendra sa retraite avec ses poches pleines dans une ville d’Amérique du Sud à enseigner la chimie.

Ça serait un peu cliché. C’est d’ailleurs pour cette raison que je n’écris pas de série télé.

Étienne Brière

Étudiant en journalisme à l'UQAM, Étienne est un passionné de sport. Le «petit gars de Rosemont »est un grand expert de Baseball, Basketball, Football et Golf. Son style vivant et unique va vous présenter les choses sous des angles inusités. Grandement inspiré par la culture populaire et toujours avec une touche d'humour, il risque de vous divertir avec ses grandes théories sorties directement de ses observations sur le monde du sport.

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