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Baseball 2012: Winning, 30 jours de débandade à Boston

Crédit Photo: Cbs


Ceci est le premier article sur la saison de baseball 2012. Pour comprendre le lien entre la culture populaire et le baseball, allez voir ceci. Pour voir les épisodes précédents, allez voir ici.

La définition de succès est bien différente pour tout le monde, mais force est d’avouer qu’être payé 2 millions de dollars par émission de 22 minutes, c’est quand même objectivement du succès. La belle vie, quoi.

Une job comme celle de Charlie Sheen sur Two and a Half Men, dans le monde du sport, c’est un peu l’équivalent d’un Alexei Yashin ou de Barry Zito. Pas que Two and a Half Men n’était pas bon, reste que ce n’était sûrement pas du niveau de Friends, Cheers ou Seinfeld. En gros, Sheen est riche comme Crésus et il ne livre pas tellement une performance du niveau de Michael Jordan en 1996. Mon but n’est pas de le critiquer lui, mais plutôt de bien comprendre que l’argent en abondance ne fait pas à tout le monde.

Si on croit la phrase de Loto-Québec qui dit qu’être riche ne change pas le monde, le « sauf que » qui suit après devrait être automatiquement accompagné de: « Ça change vraiment le monde si tu es un gros bébé qui croit pourvoir faire ce qu’il veut dans un monde sans lois ni morale. »

Ça, c’est exactement Charlie Sheen en plein milieu de son délire de l’année dernière.

C’est du même coup une métaphore parfaite pour le mois de septembre des Red Sox la saison dernière.

Rarement une débandade a captivé l’imaginaire de la population comme celle de Charlie Sheen en mars dernier. Sa guerre ouverte contre Chuck Lorre (le scénariste de Two and a Half Men), ses concepts de winning et de tiger blood, sa vie dans sa maison avec ses deux… acolytes, ses entrevues des plus bizarres, son combat pour prouver sa sobriété, etc. Tout ça a culminé avec la perte de son emploi (et ses 1,8 millions de dollars par émission) et de sa crédibilité auprès du public.

Pour les Red Sox, c’était un peu la même chose. Un club rempli de joueur riches et bébés à leurs heures, les Red Sox semblaient pourtant s’en aller vers une saison de rêve avec leurs énormes acquisitions, Carl Crawford et Adrian Gonzalez. Certains les comparaient même aux Yankees de 1927 ( souvent considérés comme la meilleure équipe de baseball, sinon de sport, de tous les temps).  Tout allait bien jusqu’à ce que septembre arrive. Avec 9 parties d’avance sur les Rays dans la course au meilleur 2e, la probabilité de faire les séries était de 99,6% (selon l’article de Nate Silver dans le New York Times).

Malheureusement, avec le mois de septembre sont arrivées les deux filles dans le palace californien, le winning (ou plutôt le losing) et tout le reste de la descente aux enfers. En d’autres mots, les Sox sont devenus Charlie Sheen pour l’instant d’un mois, laissant dans l’incompréhension les partisans de sport les plus dévoués aux États-Unis.

Sauf que, comme pour monsieur Sheen, le débandade était prévisible si on analysait la situation correctement. Le personnel de lanceurs se préparait déjà à une belle fin de saison en présentant une forme physique plus que décevante. La majorité des lanceurs, en particulier Beckett, Lackey et Lester avaient tous accumulé du poids vers la fin de la saison. Les statistiques ne mentent pas non plus. Par exemple, John Lackey a terminé la saison avec la pire moyenne de points mérités de l’histoire des Sox (6,41), et ce, en étant payé un énorme salaire de 82,5 millions pour 5 ans. Ça vous rappelle un certain Charlie? Beckett et Lester étaient autant coupables puisque aucun d’eux n’a été capable de gagner un gros match. C’est donc sans surprise que l’on a appris que ces trois lanceurs ont passé le dernier mois à manger du poulet frit et boire de la bière dans le vestiaire et ce, pendant les matchs !

Une vraie honte ! Crédit Photo: Baltimore Sun

Il est vrai que l’équipe au complet semblait montrer des signes de laisser-aller et de découragement, mais les lanceurs étaient vraiment les seuls vrais responsable de la débandade des Sox. La preuve: les Sox ont fini la saison avec la meilleure offensive de la ligue et on quand même été exclus des séries.

Mais tout ça c’est du passé et la question que tout le monde se pose est: comment les Sox vont-ils réagir face à leur épisode de l’an dernier?

Si on se fie sur Sheen, ce qui semble être une bonne idée dans tous les domaines de la vie (sarcasme), les Red Sox vont disparaître dans la brume et l’Amérique va se tanner d’entendre parler d’une équipe avec une masse salariale de 180 millions de dollars alors que les Pirates n’ont pas eu une saison gagnante depuis 20 ans.

Sauf que cela ne risque pas d’arriver parce que Boston reste la co-Mecque du baseball et les Sox sont définitivement une des équipe les plus populaires du monde entier.

Pendant la saison morte, l’équipe s’est départie des deux principaux artisans des World Series (je refuse de le dire en français car le nom perd son sens dans la langue de Molière) de 2004 et 2007 en renvoyant le gérant Terry Francona et en échangeant  le directeur général (oui oui) Theo Epstein aux Cubs de Chicago. Cela illustre un peu une réaction de panique mais surtout, cela prouve un désir de séparer l’image des Red Sox de cette débandade historique. On a également laissé partir Jonathan Papelbon alors qu’il n’avait pas été capable de fermer la porte dans la dernière partie de la saison qui aurait donné aux Sox une place dans les séries. En plus, la direction de l’équipe n’a fait aucun effort pour colmater les réelles brèches dans la rotation de partants ou encore dans le champ droit laissé vacant par J.D Drew (enfin!!!).

Il va sans dire que l’espoir dans la Red Sox Nation est à son plus bas depuis un bon moment.

Et c’est exactement pourquoi les Sox risquent d’avoir une moyenne à bonne saison. (Non, ils ne gagneront pas la division mais ils vont se battre pour la gagner. Une chance qu’il y a maintenant 5 places pour les séries.)

Les attentes qui étaient vraiment trop élevées l’an dernier (encore une fois, les Yankees de 1927) ont pesé lourd dans la balance des nouveaux arrivants. Carl Crawford n’a pas bien performé, mais je lui prédis une campagne 2012 à la hauteur de ses talents athlétiques (il a été recruté par UCLA au baseball, au basketball et au football). Le reste de l’attaque devrait également performer comme ils ont été capable de le faire. (Adrian Gonzalez et son magnifique élan, Jacoby Ellsbury et Dustin Pedroia risquent de sortir forts cette année.)

Pour ce qui est des lanceurs, j’ai grande confiance dans les habiletés de rebondir de Jon Lester et Josh Beckett. Clay Buchholz aura selon moi une grande saison. Pour le reste… ça risque d’être un problème. Pas grand talent dans cette rotation. Il faut espérer que Mutzuzaka soit capable de lancer une prise par deux manches.

De son côté, Bobby Valentine risque d’apporter de l’expérience et un régime (avec raison) un peu plus sévère, ce qui va redresser le bateau à moitié sombré.

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Je me demande vraiment ce que Charlie fait en se moment. Peut-être est-il entrain de sacrer contre Asthon Kutcher qui lui a volé sa job. Ce dont je suis certain, c’est qu’il rie dans sa barbe devant ce que l’opinion publique peut penser de lui. Il vie sa vie dans un palace avec deux jeunes filles qui le… comblent parfaitement et il fait ce qu’il veut. Même s’il est encore complètement fou, il a passé a autre chose et il est probablement très heureux.

Les Sox doivent agir de la même façon. Rien ne sert de revenir dans le passé. Il faut arrêter de penser à la honte historique de l’an dernier et passer à autre chose. Les acteurs sont presque les mêmes (Bobby Valentine est l’équivalent de Ashton Kutcher) et l’équipe n’a fait aucune acquisition pour faire oublier à la Nation la honte,  mais c’est en jouant de la balle de qualité que l’on va cesser de refaire des erreurs du passé et finir par les oublier.

Étienne Brière

Étudiant en journalisme à l'UQAM, Étienne est un passionné de sport. Le «petit gars de Rosemont »est un grand expert de Baseball, Basketball, Football et Golf. Son style vivant et unique va vous présenter les choses sous des angles inusités. Grandement inspiré par la culture populaire et toujours avec une touche d'humour, il risque de vous divertir avec ses grandes théories sorties directement de ses observations sur le monde du sport.

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