On fait la vague!
Une marée de chandails, de foulards et de chapeaux bleus et blancs a envahi le stade samedi après-midi pour venir encourager les nouveaux venus dans la MLS. Un peu perdue, je faisais partie de cette masse de sportifs déchaînés. Pour avoir été prise à contresens dans la parade, je sais de quoi je parle, pas facile de retrouver des gens là-dedans ! J’aperçois enfin mon petit groupe de collègues arbitres, à travers les revendeurs de billets et la file interminable pour entrer dans le magasin d’objets promotionnels.
Après un parcours labyrinthique dans le stade pour trouver nos places, nos sommes enfin assis, juste derrière le corner. Une demi-heure avant le début du match, tous les gens médias portant leur dossard orange courent partout autour du terrain. Pas question de rater l’entrée des joueurs ! Les officiels font leur réchauffement. La haie d’honneur de minis joueurs de soccer se prépare. Les policiers sont aux aguets en face de la section du fan-club. Les joueurs sortent enfin, suivis d’une meute de médias courant pour arriver au banc des joueurs en premier. La photo officielle est prise. Enfin, le coup d’envoi est donné. Le coup d’envoi que j’ai manqué d’ailleurs, parce que les placiers de ma section étaient en délire. Il manquait une rangée d’estrade. Il y avait donc toute une rangée de fans qui ne pouvaient s’asseoir.
Le début du match se déroule bien. Par chance, l’Impact marque le premier but…REFUSÉ. Hors-jeu ! Tout le monde hue dans le stade, sauf le directeur de l’arbitrage à la fédération du Québec, grand sourire aux lèvres. Effectivement, c’était hors-jeu. Ce qui est spécial de regarder un match avec des arbitres, c’est que tu as beau vouloir suivre le reste du stade et beugler contre l’homme qui prend les décisions au centre du terrain, tu sais qu’il a raison. Je me suis surprise une fois à me laisser emporter dans la tension, lorsque le joueur de l’Impact s’est laissé tomber volontairement dans la zone de réparation offensive en deuxième demie. Tout le monde criait, ils étaient certains que le carton jaune s’adressait au joueur de Chicago. Influencée par le hurlement de masse, j’ai bondi de mon siège. J’ai presque failli me laisser avoir, puis je me suis retournée. Mon directeur souriait. J’ai reposé mes fesses sur mon siège et je me suis mise à rire. Le joueur avait effectivement joué la comédie. Derrière moi, j’entends un collègue : « T’as raison la ref, mais maudit tu fais chier ! » Tout le monde s’esclaffe de rire.
L’Impact marque finalement le premier but pendant la vague interminable. Merci, je commençais à avoir les bras morts. Très beau but avec la tête, on dirait que le jeu s’est fait au ralenti comme dans les films. Délire dans le stade, une fumée bleue nous aveugle bientôt. Les policiers sont prêts à agir si quelque chose dégénère. Ça a dégénéré. Bientôt, ils arrivent avec leurs extincteurs de fumée. Un baril en feu ne s’éteint plus. Que d’aventure! Il est finalement maîtrisé, et à part l’odeur, plus personne n’a de souvenir de cet incident. C’est reparti, on fait la vague !
Le match se termine finalement après le malheureux but de Chicago. On y était presque, à un but de la victoire. C’est fini la vague, maintenant il reste la marée de monde à traverser pour se rendre au métro.
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Alexandra Piché
Alexandra étudie en journalisme à l'UQAM. Très active, elle ne pourrait vivre sans faire de sport. Elle aime autant pratiquer les arts martiaux, ou les sports de glisse que les sports d'équipes. Depuis quelques années, elle voit les sports de compétition d'une autre façon, puisqu'elle est entrée dans le monde de l'arbitrage. Étant très curieuse, elle souhaite vous faire découvrir des facettes moins connues du sport.
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