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Dans les derniers droits en Europe

Manchester United marche vers le titre. Crédit photo: bleacherreport.com

Alors qu’ici la Major League Soccer (MLS) vient d’amorcer sa saison, celles de la plupart des ligues de soccer de première division européennes tirent à leur fin. Tentons ici d’en faire une récapitulation.

La Premier League anglaise

Encore une fois, la saison de la Premier League a été chaudement disputée.Pendant que certains clubs sortent du gouffre et que d’autres s’y enfoncent, les deux Manchester se livrent une bataille sans merci tout au haut du classement. Manchester United commençait à prendre une très confortable avance sur son éternel rival de Manchester City, à huit points de différence en tête du classement après 32 journées. Toutefois, hier, United est tombé face à Wigan, un club de fond de classement, et City a battu West Bromwich. De quoi rendre la fin de championnat encore plus excitante, maintenant que City se retrouve à cinq points de United.

Balotelli, après avoir marqué, retire son maillot pour dévoiler ceci... Crédit photo: dailymail.co.uk

Ce même City qui, après un début de saison époustouflant, un véritable géant qu’aucun club ne savait résister, les hommes en bleu sont aujourd’hui beaucoup moins reluisants. Sans dire que le pouvoir des Citizens ne repose que sur l’infâme star italienne Mario Balotelli, on peut prendre en exemple ses performances et les calquer sur le club au complet. Tout comme son équipe, en début de saison, Mario Balotelli était un puissant marqueur, que l’intensité de son adulation n’avait d’égale que l’intensité de la haine portée vers lui. Ses frasques à l’extérieur et sur le terrain en font un individu très controversé, et probablement le sujet de conversation le plus discuté depuis le début de saison de la Premier League. 

Dans le dernier match de Manchester City, Balotelli a véritablement mis la cerise sur le sunday d’une saison absolument folle, dans tous les sens du terme. En multipliant les tacles dangereux à l’endroit des joueurs d’Arsenal, Balotelli s’est attiré les foudres de ses propres partisans, de son propre entraîneur, et même de son propre gardien! Robert Mancini, entraîneur des Citizens, a même avoué en entrevue d’après-match qu’il songerait à vendre Balotelli après la saison. Ses contre-performances, donc, reflètent bien la difficulté qu’a eu City dans les dernières semaines à rester à portée de main du titre.

Un titre qui, selon toute vraisemblance, appartiendra – encore une fois, diront certains – à Manchester United. Avec plus ou moins 6 matchs à jouer en championnat anglais, on voit mal comment les Reds pourraient ne pas se l’approprier. Il est toutefois étonnant d’apprendre que City, plus tôt dans la saison, avait cinq points d’avance sur Wayne Rooney et sa bande, et plus de 12 buts de différence. Quand le bateau coule…

En troisième place, on retrouve présentement Arsenal, à deux points d’avance de Tottenham. Les Gunners vivent présentement une irrésistible poussée. Ils ont connu une très belle séquence de 7 victoires de suite pour remonter au classement et dépasser des Spurs qui, eux, en arrachent. Depuis que la troupe de Harry Redknapp a ouvertement affiché ses envies pour le titre, il y a quelques semaines, juste avant la déconfiture de 5-2 contre Arsenal, les Spurs n’ont que deux victoires en huit matchs. La dernière défaite contre Norwich City, récemment promu en Premier League, a fait particulièrement mal. Redknapp avoue maintenant que de finir 3e serait difficile, mais qu’il va surtout se concentrer pour finir dans le top 4, question d’avoir une place dans les championnats d’élite européens l’année prochaine.

À égalité avec Tottenham, on retrouve Newcastle, une belle surprise cette saison. Porté par le brio de Hatem Ben Arfa, qui y est allé de buts spectaculaires au cours de l’année, ainsi que de Papiss Cissé, les hommes de Derek Llambias sont donc de retour dans l’élite anglaise, eux qui avaient perdu le nord dans la fin de la décennie précédente.

Je vous propose d’admirer ici l’incroyable finition du but de Hatem Ben Arfa, en fin de semaine contre Bolton.

À deux points de Newcastle, on retrouve les vieillards de Chelsea. Avec l’embauche pendant la saison morte de l’ex-entraîneur surdoué du FC Porto, Andre Villas-Boas, qui avait connu tous les succès possibles à la barre du club portugais la saison dernière, on s’attendait à ce que Chelsea redevienne la puissance que son histoire lui dicte. Par contre, avec des joueurs qui ne rajeunissent pas, avec un Fernando Torres surpayé qui ne produit plus (on peut le comparer à Scott Gomez, avec le Canadien de Montréal) et des contre-performances généralisées, on ne peut faire des miracles, même si on s’apelle Andre Villas-Boas, et qu’on nous dit de la trempe de José Mourinho.

Et voilà que l’impatient propriétaire des Londoniens, Roman Abramovitch, le renvoie et place Roberto Di Matteo par intérim. Ce dernier, depuis sa promotion, remplit parfaitement les attentes, et a réussi à mener son club en demi-finales de la Ligue des Champions, où ils affronteront nul autre que le FC Barcelone. Les médias londoniens voient déjà Di Matteo garder son poste pour la saison à venir. Nous verrons bien.

Pendant ce temps, à Liverpool, ça ne tient plus la route. À 11 points de Chelsea au 8e rang, ils ne peuvent même plus espérer se qualifier pour un tournoi européen.

En bas de tableau, 5 clubs sont présentement en danger d’être relégués en deuxième division. Alors que les très mauvais Wolves de Wolverhampton n’ont amassé que 22 points en 33 matchs, Wigan, Blackburn, Queens Park sont tous à 28 points, et Bolton à 29. Cette course sera intéressante à suivre (oui, oui, je vous le dis!) jusqu’à la toute fin.

La Liga espagnole

La Liga espagnole est littéralement un géant à deux têtes. Deux clubs, le Real Madrid et le FC Barcelone, se disputent à chaque année le premier rang. À preuve, le 3e rang, récemment acquis par Valence, a pratiquement 30 points de retard sur le 2e rang.

Alors que le Real Madrid s’était construit une confortable avance de dix points sur son éternel rival de Barcelone il y a quelques semaines, que les médias couronnaient pratiquement déjà les madrilènes au titre de la Liga, aujourd’hui, rien n’est moins certain.

Depuis quelques matchs, Madrid s’enfonce. Le club a vu son avance fondre à vue d’oeil. Avec sa victoire d’hier contre l’Atletico Madrid, le Real n’est plus qu’à quatre points du Barça, qui pointait à 1 point de recul seulement, avant le derby madrilène d’hier. Un derby qui nous a offert toute une peformance de l’Homme du Real, Cristiano Ronaldo. Un tour du chapeau, dont deux buts absolument magnifiques, dont seul Ronaldo connaît la recette.

Le titre de la Liga va littéralement se jouer au prochain Clasico, le 21 avril prochain, dans le cadre de la 35e journée. Le Real n’a connu que trois fois la défaite cette saison dans le calendrier de la Liga, et deux d’entre elles sont aux mains des Catalans. L’avantage est nettement du côté du Barça, en général, dans ces matchs à haute voltige.

Barcelone a encore une fois été d’une beauté sublime tout au long de la saison, mais quelques points échappés ici et là ont permis à Madrid de prendre les commandes de la ligue. Le Barça a par contre bien l’intention de profiter de la porte laissée ouverte par Madrid ces dernières semaines, avec 4 matchs à jouer en saison régulière.

l'Athletic Bilbao célèbre sa victoire contre ManU. Crédit photo: goal.com

La belle surprise de la saison revient toutefois à l’Athletic Bilbao. Ce club, présentement en 7e position, n’est constitué que de joueurs basques. Mais les performances dont on va le plus se rappeler seront celles en Ligue Europa, lors desquelles, par leur passion et leur caractère, ils ont réussi à passer au travers des géants de Manchester City, relégués en C3 après leur élimination de la Ligue des Champions. De quoi raviver le débat à savoir quel championnat est le plus relevé, la Premier League ou la Liga ? Reste que le championnat anglais est beaucoup plus compétitif en général que le championnat espagnol, où seuls le Real et le Barça règnent tout au haut, année après année.

Trois clubs sont présentement dans le danger d’une reléguation en deuxième division: Real Saragosse (28 pts), Sporting Gijon (28 pts) et le Racing Santander (25 pts). Villareal (32 pts) n’est pas très loin non plus, mais ils devraient tenir bon. Notons que ce dernier a fait match nul il y a quelques semaines contre Madrid, alors que le roi madrilène était en plein dans son effondrement.

La Serie A

Alessandro Del Piero. crédit photo: sport-football.net

Revirement de situation en Italie! La Juventus de Turin vient de reprendre la tête du classement à 68 points, avec un seul petit point d’avance sur l’AC Milan, encore sous le choc de son élimination de la Ligue des Champions aux mains du Barça. Avec plus ou moins 6 matchs à jouer en championnat, la course au titre est plus chaude que jamais. La Juve est d’ailleurs encore invaincue cette saison, avec une remarquable fiche de 18 victoires, 14 nulles, 0 défaite. Hier, c’est le vétéran Alessandro Del Piero qui est venu sauver la victoire, avec un but sur coup franc contre la Lazio de Rome. Ce que j’aimerais le voir en joueur désigné avec l’Impact, celui-là. D’autant plus qu’il s’agit de sa dernière saison de contrat…

Mais cette année aura surtout été le théâtre de la déconfiture de l’Internazionale de Milan. Champion de la Coppa Italia de 2006 à 2010, dauphin en 2011, l’Inter n’est plus l’ombre de lui-même en 2012. À égalité avec Naples à 48 points, au 7e rang, l’autre club de Milan montre une fiche peu reluisante de 14-6-12. Pour essayer de sauver la saison, et tenter de se qualifier pour un tournoi européen la saison prochaine, on a congédié l’entraîneur Claudio Ranieri. Dans les 10 derniers matchs de Ranieri, seulement six points ont été acquis. Depuis ce congédiement et depuis que son remplaçant, Andrea Stramaccioni a pris les commandes, l’Inter est plus souriant: 7 points en 3 matchs.

crédit photo: grantland.com

Une des équipes les plus divertissantes en Serie A est probablement Naples. Malgré leurs difficultés cette année, les jeunes Napolitains, 6e au classement, s’amusent sur le gazon, marquent pour le plaisir, et leur cohésion est belle à voir. Il ne leur manque que peu de choses pour les voir s’installer de façon régulière dans l’élite de cette ligue. Toutefois, après une belle campagne en Ligue des Champions cette année, leur rang actuel pourrait les empêcher de compétitionner dans les championnats de l’élite européenne l’an prochain.

Reste que depuis ce texte de Bryan Philips sur Grantland, je dois dire que c’est le club qui m’intéresse le plus en Italie.

Cesena (21 pts), Novare (25 pts), Lecce (34 pts) et Genoa (36 pts), sont tous en voie d’être relégué, quoique Genoa est pour l’instant sain et sauf, quatrième à partir du fond.

La Bundesliga

Dortmund célèbre sa victoire sur Munich. Crédit photo: football365.com

En Allemagne, l’affrontement d’hier signifiait tout: le Borussia Dortmund, à 66 points, avait la chance de prendre 6 points d’avance sur leurs rivaux du Bayern Munich, à 63 points. Et ils l’ont fait. Après une première manche qui s’est soldée par la marque de 0-0, la deuxième mi-temps a été toute en faveur du train à grande vitesse qu’est Dortmund. Les jaunes pointent maintenant à 69 points, avec 4 matchs à faire en championnat. À moins d’un majeur arrêt de service, Dortmund devrait se sortir de cette saison 2011-2012 avec du silverware, pour une deuxième année de suite.

Les dauphins de l’an dernier, le Bayer Leverkusen, semblent vraiment avoir du mal à se remettre de la dégelée subie contre Barcelone en Ligue des Champions. Un 7-1 bien senti, et depuis, 4 défaites, 1 match nul et 1 victoire en 6 matchs en championnat.

Le Bayern, quant à lui, remet tous ses espoirs de trophée vers la Ligue des Champions, où ils affronteront les géants du Real Madrid la semaine prochaine. Tout un clash à prévoir.

La Liga portugaise

Alors que le Benfica de Lisbonne a mené pendant la majorité de la saison en championnat portugais, voilà que quelques points perdus, notamment aux mains du FC Porto lors du dernier O Classico, les placent au 2e rang, à 4 points du 1er.

La constance de Porto, malgré quelques matchs difficiles dispersés au cours de l’année, lui permet de se positionner de façon assez confortable pour un autre titre. Ne reste que quatre matchs au championnat, et outre le Sporting Lisbonne qui, malgré leurs difficultés, reste un adversaire de taille, les autres matchs devraient bien aller.

Braga joue avec du coeur. Crédit photo: hindustantimes.com

Mais la belle histoire du championnat portugais cette année est sans contredit celle de Braga. Petite ville charmante du nord du Portugal, Braga a connu une merveilleuse séquence de 13 victoires de suite. Les deux derniers gros matchs contre Benfica et Porto se sont soldés par une défaite, ce qui lui laisse une 3e place bien méritée. Mais ils ne sont qu’à 1 seul point de rattraper Benfica au 2e rang. Une belle course à prévoir dans les prochaines semaines.

La Ligue 1 française

Une grosse bataille pour le titre fait toujours rage en France, alors que le surprenant Montpellier (66 pts) et le Paris Saint-Germain (63 points) sont encore tous les deux prétendants au titre. Il n’y a plus de match entre les deux équipes de prévus jusqu’à la fin du calendrier, alors chacun devra travailler de son côté pour essayer d’amasser le plus de points possible et, surtout, de ne pas en échapper.

Pendant que ces deux clubs recherchent les grands honneurs, un autre club ne fait maintenant que se battre pour l’honneur: l’Olympique de Marseille. Après une série douloureuse de huit défaites en championnat, l’OM a tenté de rebondir contre le PSG dimanche dernier. Sans succès: une défaite de 2-1. Puis, hier, une défaite de 3-1 contre Montpellier. Les malheurs continuent. Marseille tombe donc au 9e rang à 40 points.

Les vainqueurs de l’an dernier, Lille, stagnent au 3e rang à 56 pts, 3 de plus que Lyon, au 4e. Les jeux ne sont pas encore faits en France, puisqu’il reste encore 7 matchs à jouer. Dans les bas-fonds du classement non plus, rien n’est décidé. Sauf pour Auxerre, bon dernier à 27 points, Sochaux (30 pts), Lorient (32 pts) et AC Ajaccio (33 pts)  tentent encore de rester en Ligue 1 pour la saison prochaine.

Jean-François Téotonio

Jean-François Téotonio étudie en Journalisme à l'UQAM. Littéralement passionné par l'«événement sportif», il s'intéresse à tous les sports, en particulier au tennis, au soccer et au hockey sur glace. Toujours à la recherche des émotions qu'engendre un match important, tous sports confondus, il saura vous les commenter avec sa plume droite et éclairée.

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