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Les arbitres, aussi des athlètes

«Quand on arrive dans un tournoi, on fait aussi partie d’une équipe. On est accompagnés, entre autres, de physiothérapeutes, de médecins, de masseurs. La pression est énorme, on a besoin de support», explique l’arbitre internationale de soccer Carol Anne Chenard.

Carol Anne Chenard considère que les arbitres sont aussi des athlètes. Elle a commencé à arbitrer en 1992, lorsque son entraîneur a envoyé toute son équipe suivre une formation sur les lois du jeu. Pour elle, l’arbitrage est devenu une passion et une carrière. Grâce à ce qui n‘était qu’un emploi d’été, Carol Anne a pu financer ses études jusqu’au doctorat et travaille maintenant comme chercheuse pour Santé Canada en plus d’être arbitre au niveau international.

Avant d’atteindre ce niveau, Carol Anne a commencé comme arbitre régional, en Ontario. Ça lui a permis d’officier un grand nombre de matchs et, par le fait même, d’acquérir de l’expérience. C’est lors d’un match disputé par des joueurs de 35 ans et plus qu’elle s’est fait remarquer. L’équipe a été satisfaite de son travail et a écrit à la ligue. Elle s’est fait évaluer et a été recrutée au niveau provincial. La même chose s’est produite pour l’obtention de son badge national et, finalement, son badge FIFA qui l’a qualifiée pour arbitrer des  tournois internationaux. «Quand j’ai passé les tests pour le niveau national et international, j’ai dû réussir un examen écrit très long sur les lois du jeu en plus d’un test vidéo. Maintenant, les promotions d’arbitres sont de plus en plus basées sur la qualité des performances sur le terrain», raconte la Canadienne. Les arbitres doivent cependant se soumettre à deux tests physiques par année et à un test d’anglais. «Bien sûr, pour communiquer, nous avons notre sifflet, mais il est important de pouvoir au moins s’exprimer dans la langue internationale quand on arbitre des joueurs de partout à travers le monde.»

En 2010, Carol Anne a été la première canadienne à arbitrer une finale de coupe du monde, lors de la Coupe du monde des moins de vingt ans en Allemagne. En juillet dernier, elle a officié à la Coupe du monde féminine de la FIFA qui se tenait aussi en Allemagne.

Le processus de sélection pour de tels tournois commence déjà quatre ans avant la date du premier match. Lors de la préparation, chaque performance compte. Les arbitres sont évalués lors de tournois internationaux, de tests physiques et de tests vidéos. Suite à cela, 150 arbitres à travers le monde sont choisis pour faire partie du camp de sélection d’un mois, qui a eu lieu quelques mois avant la compétition. Les arbitres sélectionnés sont, par la suite, contactés et reçoivent une assignation. Ils ne savent pas combien de matchs ils vont officier lors du tournoi. C’est sur place que tout se décide.

Dès leur arrivée en Allemagne, tous les arbitres ont été soumis à un test physique. «Advenant qu’un arbitre échoue le test, il est remercié et son retour est à ses frais, explique Carol Anne, pas de match pour lui dans ce tournoi ! » Une fois le test passé, ils pouvaient se considérer officiellement arbitres pour la Coupe du monde. Ce n’était cependant pas l’heure du repos pour autant! Il était primordial pour eux de se concentrer sur leur premier match. C’était leur performance durant ce match qui leur permettait ou non de poursuivre dans le tournoi. Chacun souhaitait, bien sûr, arbitrer la finale. Par contre, cela ne dépendait pas que de la performance puisqu’en plus, un arbitre ne peut arbitrer un match incluant un pays de sa Confédération.

Comme premier match, la Canadienne a officié la Suède contre la Colombie. Elle était satisfaite de sa performance, mais consciente que la possibilité d’avoir un autre match dépendait également de facteurs incontrôlables. «On doit toujours faire notre match le mieux possible pour ne pas leur donner de raisons de nous renvoyer chez nous. Par la suite, ce n’est plus de nous que dépend la décision.»  Visiblement, tout était présent pour que Carol Anne arbitre un deuxième match opposant l’Angleterre au Japon. «Après mes deux matchs, j’étais vraiment contente, je ne m’attendais pas à arbitrer d’autres parties, d’autant plus que les Américaines étaient toujours dans la course.» À sa grande surprise, Carol Anne Chenard a été assignée au match de demi-finale du Japon contre la Suède. Il y avait de la pression dans le stade rempli de 47 000 fans de soccer déchaînés. «C’était un très bon match. Probablement le plus beau match de soccer féminin que j’ai arbitré. Les filles étaient là pour jouer, je n’ai pas eu à appeler beaucoup de fautes.» Selon l’arbitre, ce match a bien mis en valeur le soccer féminin.

Pendant leur séjour à la Coupe du monde, les arbitres sont surveillés. «Notre nourriture est contrôlée pendant tout le tournoi, et nous nous entraînons chaque jour, sauf les jours de matchs, explique la canadienne, nous avons également des réunions durant lesquelles des extraits vidéos de matchs sont diffusés avec, en sous-titre, la décision qui aurait dû être prise dans des moments importants.» Pour les arbitres, c’est difficile! Il y a beaucoup de stress car personne ne veut être celle qui a commis une importante erreur.

Le soccer subit présentement une croissance exceptionnelle. Il y a donc beaucoup plus d’opportunité en arbitrage. Selon Carol Anne, un jeune arbitre doit persévérer et être supporté par une personne ressource qui l’encouragera dans sa carrière débutante. «Quand on commence au niveau local, ça prend beaucoup de courage, déclare Carol Anne. C’est beaucoup plus difficile d’arbitrer devant 50 parents que devant 50 000 personnes, car on entend toutes les remarques de la petite foule qui sont parfois très désobligeantes.» Elle ajoute que c’est très important de passer les moments difficiles au début, car c’est ce qui permet d’être bien préparée lorsqu’un match de niveau plus élevé se présente. « J’ai été très chanceuse, car mon père était un arbitre en patinage de vitesse et il savait quand me pousser à aller plus loin et quand j’avais besoin de réconfort.»

Il y a quelques mois, Carol Anne a eu l’honneur d’officier aux qualifications olympiques des équipes féminines en tant que modèle pour les nouveaux arbitres FIFA. Elle attend les assignations pour les trois gros tournois de l’été soit les olympiques, la Coupe du monde des moins de vingt ans et celle des moins de 17 ans. Celles-ci devraient être envoyées au mois d’avril. L’arbitre continue de s’entraîner cinq fois par semaine pour toujours être à son meilleur lors de chaque performance, car selon elle, «un arbitre est seulement aussi bon que son dernier match.»

Source : Site web de la FIFA

Alexandra Piché

Alexandra étudie en journalisme à l'UQAM. Très active, elle ne pourrait vivre sans faire de sport. Elle aime autant pratiquer les arts martiaux, ou les sports de glisse que les sports d'équipes. Depuis quelques années, elle voit les sports de compétition d'une autre façon, puisqu'elle est entrée dans le monde de l'arbitrage. Étant très curieuse, elle souhaite vous faire découvrir des facettes moins connues du sport.

3 Commentaires

  1. Allo Alex, j’en ai appris d’avantage sur l’arbitrage dans cet article. Un bon moyen pour apprendre aux gens d’apprécier leurs efforts…

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  2. Carol Anne est arbitre au olympiques de Londres en ce moment! Mes félicitations à Carol Anne Chenard!

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