Tradition printanière: Masters 2012
Le printemps commence en général par une rue. Une vraie rue du sud avec des arbres qui recouvre la route, un peu comme celle qui mène à la maison de Forrest Gump. Sauf que cette petite rue privée n’est pas à Greenbow, Alabama mais bien à Augusta, Georgia.
Donc, le printemps commence avec Magnolia Lane. Au bout de cette petite route on y trouve une belle maison blanche que l’on dirait directement sortie des plantations du début de siècle. Bienvenue à Augusta National. C’est dans cet écosystème que le printemps naît, là où on recouvre un champion le dimanche d’un fameux veston vert distinctif, là où se tient le premier tournoi majeur de la saison. Tout cela commence quand Billy Payne annonce Arnold Palmer à 8h le jeudi matin.
Il n’y a pas vraiment de comparaison avec le Masters dans le monde du sport. Le Daytona 500, peut-être, mais ça reste une bande de rednecks en bédaine qui regarde des voitures tourner en rond pendant cinq heures. Ici, on parle du prestige, du veston vert et tout ce qui a d’imbu dans le monde du golf représenté en un même tournoi. C’est conservateur, mais ça fait rêver les plus progressistes en nous. C’est la beauté des images accompagnées de discours dans lesquels on lance les mots traditions, grandiose et magique à répétition. C’est là où les rugissements qui ont accompagnés les exploits du Tigre et du Golden Bear ont fait trembler la moitié de l’état de la Georgie.
Le Masters commence en 1934. Mais ça commence surtout par le rêve de Bobby Jones. Il voulait, sans trop de retenue, un terrain pour sa retraite qu’il qualifierait de parfait. Et la perfection, il l’a atteint.
Il n’y a aucun terrain de golf comme Augusta National dans le monde. Premièrement, parce que c’est impossible d’atteindre la perfection sur gazon deux fois. Regarder Augusta c’est comme regarder un mannequin. Sauf que le terrain n’est pas passé sous le bistouri de photoshop. Le gazon d’un vert brillant et uniforme donne l’impression de sortir directement d’un film de Disney. Les trappes de sable blanches magnifiquement découpées dans le contour du gazon nous font croire à un mirage. Et les fleurs printanières du sud des État-Unis toujours en pleine éclosion présente un mélange délicieux à l’oeil humain. 18 chef d’oeuvres avec leurs beaux noms de fleurs.
C’est dans ce décor enchanteur que le Masters se tient chaque premier dimanche d’avril depuis 1934 (sauf pendant la guerre.) C’est là qu’on a vu Jack Nickclaus triompher à plus de 6 reprises. La dernière fois, c’était en 1986 alors que le Golden Bear avait 46 ans. Il y a eu la grande bataille de 75 et l’arrivée de Tiger en 1997. Cette année-là, il avait gagné son premier tournoi majeur par 12 coups, et ce, à 21 ans. C’est sur le magnifique tapis vert qu’on a vu des coups comme celui entre les arbres de Phil en 2010 et le fameux chip de Tiger au 16e en 2005. C’était aussi le terrain de jeu de Seve, Arnold Palmer et Gary Player.
Ce sont les petites traditions qui rendent le tournoi aussi spécial. Le dîner des champions, le concours de par 3, Butler’s Cabine, Amen Corner, le Hogan’s Bridge et finalement la remise du veston vert. C’est aussi la classe, on ne parle pas de partisans, ils sont des patrons.
Le U.S open c’est le plus dur, l’Open Championship le plus vieux. Le Masters c’est la tradition et la beauté. C’est la raison pourquoi les jeunes golfeurs frappent des balles dans la pluie pendant des heures. (Oui, oui je l’ai déjà fait et non, je ne gagnerai jamais le Masters.)
Sauf que le Masters ce n’est pas qu’un rêve d’enfant parfait. Ça représente surtout tout le côté imbu/conservateur/riche du sud que le Golf peut offrir, mais à son plus haut niveau au point que c’en est presque ridicule. Sur le terrain: aucun cellulaire, aucune caméra, rien… c’est 1934 encore. C’est également le club le plus sélect du monde. On n’y retrouve que 300 membres qui sont triés sur le volet. On ne devient pas membre à Augusta, on vient vous chercher. Un peu comme à Poudlard. La liste est assez impressionante. Bill Gates, Warren Buffet, George Bush et j’en passe. Ah oui, il n’y a aucune femme membre et le premier noir a été admit en 1990. Vraiment, pris en 1934.
Je me sens un peu stupide d’admirer un tournoi et un club de golf comme celui-là, car il représente des valeurs complètement vétustes que je déteste. Mais quand je vois les images et les traditions magiques du tournoi, je n’ai pas le choix de me coucher le soir en rêvant de revêtir le Green Jacket.
*****
Cette année promet d’être une des meilleures éditions de tous les temps. Le retour de Tiger sur le circuit des vainqueurs, la revanche de Rory et la pression des Anglais. C’est une multitude de possibilité pour un dimanche après-midi mémorable.
Pour vous préparer à suivre le Masters, je vous offre un mini guide pour votre Week-End.
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Étienne Brière
Étudiant en journalisme à l'UQAM, Étienne est un passionné de sport. Le «petit gars de Rosemont »est un grand expert de Baseball, Basketball, Football et Golf. Son style vivant et unique va vous présenter les choses sous des angles inusités. Grandement inspiré par la culture populaire et toujours avec une touche d'humour, il risque de vous divertir avec ses grandes théories sorties directement de ses observations sur le monde du sport.



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