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Séries 2012 : quatre constats



Gagner la Coupe deux ans de suite relève de plus en plus de l’exploit.

Depuis les Red Wings de Detroit, champions consécutifs de la Coupe Stanley en 1997 et 1998, aucune équipe n’a réussi l’exploit de repartir avec le prestigieux trophée deux fois de suite. Depuis le début des années ’90, l’exploit n’a été réalisé que deux fois.

La multiplication du nombre d’équipes depuis la première grande expansion de la LNH en 1967 y est évidemment pour quelque chose. Ce n’est que mathématique : plus il y a de compétiteurs, plus les chances de gagner sont faibles.

Mais il doit certainement y avoir autre chose. Si on regarde ce qui se passe avec les champions de la Coupe et les finalistes depuis le lock-out, on voit que d’obtenir du succès lors de plusieurs saisons en ligne devient très ardu.

En 2006, les Hurricanes de la Caroline remportent la finale face aux Oilers d’Edmonton. On ne s’attendait certes pas à un tel résultat, les Oilers ayant conclu la saison au huitième rang de leur conférence. Mais on s’attendait encore moins à ce que ces deux équipes soient exclues des séries l’année suivante. Et qu’au total, depuis cette conquête des Canes, le nombre total de présences en séries pour les deux formations s’élève à un. En effet, seule l’équipe de la Caroline du Nord a accédé au bal printanier, en 2008.

Défaits par les Capitals, les Bruis ne pourront défendre leur titre en finale. Crédit : Getty Images

Les Ducks d’Anaheim et les Sénateurs d’Ottawa, finalistes de 2007, ont connu un sort similaire, alors qu’aucune des deux équipes n’a connu beaucoup de succès depuis ce moment. L’exception se situe dans les deux années suivantes, en 2008 et en 2009, alors qu’à chaque fois ce fûrent les Penguins de Pittsburgh et les Red Wings de Detroit qui s’affrontèrent en finale. Encore faut-il rappeler que depuis, les Pens et Wings n’ont pas tout cassé en éliminatoires. Finalement, les Blackhawks, champions de 2010, ont perdu deux fois en première ronde en 2011 et 2012, alors que les Bruins de Boston, champions actuels de la Coupe, devront céder leur titre après avoir été éliminés très tôt par les Capitals. Leurs adversaires en finale l’an dernier, les Canucks, ont aussi été sortis en première ronde.

Que diable se passe-t-il avec les équipes championnes? La première réponse est sans aucun doute la parité que les bonzes de la LNH ont imposée suite au lock-out. On veut que chaque équipe ait une chance afin de revigorer l’intérêt des partisans dont les équipes croupissent année après année dans le fond du classement. C’est par l’imposition d’un plafond salarial que la Ligue y est en partie arrivée. Oui, nul doute que ce plafond a eu l’effet de contraindre les organisations à mieux réfléchir lors de la signature de joueurs autonomes, par exemple, et qu’elle a forcé les équipes riches à faire des choix alors qu’à l’époque, ces formations pouvaient s’offrir à peu près tout ce qu’elles voulaient. Mais d’autres formations, comme les Maple Leafs, les Islanders et les Panthers (exception faite de cette année), restent des équipes faibles année après année.

L’autre raison principale de l’insuccès des champions est la fatigue qui s’accumule après une saison aussi éprouvante. Après un camp d’entraînement qui peut s’avérer exigeant, un calendrier de 82 matchs qui comporte son lot de blessures et de difficultés et des séries éliminatoires qui comptent au minimum 16 matchs sous haute pression, mais qui peuvent aller jusqu’à 28 rencontres, l’été semble bien court. Surtout dans un contexte où la LNH tente d’imposer sa place parmi les sports les plus populaires en Amérique du Nord et qu’on force les joueurs à accorder des entrevues et à être présents lors d’événements diverses. Et, bien qu’on en parle pas, disons que les partys finissant aux petites heures ne doivent pas être chose rare.

Lorsqu’arrive septembre et le début des préparatifs pour la défense du titre, il est dûr de croire que les joueurs sont au meilleur de leur forme.

Dernière équipe à avoir remporté deux Coupes Stanley de suite, les Red Wings ont toutefois échoué dans leur tentative de rééditer l'exploit en 2009. Crédit : Bruce Bennett - Getty Images

Julien Lamoureux

Étudiant le journalisme à l'UQAM, Julien eut la première fois l'idée de lancer un site de sports avec ses collègues à l'automne 2011. C'est grâce à un blogue de hockey qu'il a géré qu'il a découvert une passion pour les nouvelles technologies. Il s'intéresse aussi au football, au soccer et au plus de disciplines possibles. Il aime suivre le sport, mais il préfère par-dessus tout le pratiquer. @julienlamoureux sur Twitter.

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