Euro 2012 : Groupe A
Collaboration spéciale de Charles Boutaud, étudiant en journalisme à l’UQAM
Pologne, Grèce, République Tchèque et Russie: s’il y a bien un groupe dont on n’attend pas grand-chose c’est celui-ci, mais si dans l’histoire récente le Danemark a remporté la coupe en 1992 et la Grèce en 2004, c’est bien la preuve que les poules peuvent avoir des dents.
(NDLR: Le Danemark ne s’était même pas qualifié pour la compétition en 1992,il a été invité à la dernière minute pour remplacer la Yougoslavie alors entrée en pleine guerre civile. C’est pour dire.)
Commençons par le pire et gardons-nous le meilleur pour la fin.
La Grèce est probablement la pire équipe du tournoi. On le disait en 2004 aussi d’ailleurs. Il serait toutefois étonnant de voir Le Bateau Pirate réaliser la même épopée. Ça serait un peu comme les (20)12 travaux d’Hercule.
Comme à l’habitude on peut s’attendre à deux choses de cette formation un jeu peu spectaculaire et EXTRÊMEMENT défensif… ça va être plate.
Si cette équipe est pleine de talons d’Achille, elle pourra au moins compter sur une défense qui n’a accordé que 4 buts à ses huit derniers matchs. Cette défense devra cependant être encore plus physique, endurante et spartiate qu’à l’habitude, si elle veut compenser pour une attaque qui n’a pas su trouver les filets plus d’une fois face à des équipes comme la Lettonie et l’Arménie.
Si la Grèce est bien loin d’être sortie de la crise, elle risque par contre d’être bien vite sortie de l’Euro! À mois bien sûr que Fetfatzidis, le seul joueur un peu plus éclatant de la sélection, fasse ressortir le Zeus en lui.
La République tchèque n’est guerre mieux préparée au combat. Parmi les favoris en 2004, elle a aujourd’hui atteint l’âge d’or et pas parce qu’elle brille. Pyrite. Elle a vieilli.
Nedved n’est plus là. Poborsky, Jankulovsky et Koller non plus. Baros n’est pas loin de la fin. Rosicky est dans un état de santé aussi inquiétant que la loi 78. Le jeune et prometteur Necid revient d’un an de blessure. Le meilleur marqueur en qualification est Michal Kadlec…
Le défenseur gauche, ah non mec, c’est pas possible tu déconnes?
Non non, je te le jure.
Et il plante?
Bah quatre buts…
…
Bref. Pas de quoi gagner un championnat d’Europe.
Il faut vraiment que Rosicky soit en forme.
Parce que même s’il mesure 1,97 m Cech ne pourra pas tout faire tout seul. Dans tous les cas, ce n’est pas le gardien de but format colosse de Chelsea, qui ira les mettre les buts.
La Pologne, co-organisatrice du tournoi, a-t-elle ses chances? Eh bien oui, elle peut certainement créer la surprise!
Oui sur papier on peut pointer du doigt les lacunes et le manque de profondeur de cette sélection, mais elle peut compter sur certains atouts non négligeables.
La Pologne est dans une bonne dynamique et le moral risque d’être au maximum et pas seulement parce qu’ils jouent à la maison.
Le contingent dortmundais composé de Blaszczykowski, Piszczek et surtout, de Lewandowski, sort d’une saison qui les a vus consacrés champions d’Allemagne pour une deuxième année consécutive. Il est clair que ces champions souhaitent continuer, à la maison, dans la trace de leurs succès à l’étranger.
Les Français Obraniak et Perquis, ignorés par la sélection tricolore, sont bien contents de posséder leur deuxième nationalité polonaise pour pouvoir intégrer l’Euro, et voudront absolument prouver qu’ils ont leurs places comme indéboulonnables au sein de l’Aigle Blanc.
Les filets sont également bien gardés. Impressionnant au cours de sa saison avec Arsenal, le jeune gardien Szczeny ne devrait pas avoir trop de mal à faire le travail dans un groupe assez faible.
Est ce que cet escadron d’étoiles de la sélection polonaise saura offrir plus que trois matchs à leurs partisans? Les chances sont bonnes, maintenant, la balle est dans leur camp… et c’est bien le cas de le dire.
Il ne nous reste plus que la Russie, indéniable favorite du groupe qui voudrait venger son absence à la Coupe du monde 2010, à la suite d’une défaite crève-cœur aux mains de la… Slovénie (wtf?).
Les Russes vont donc vouloir montrer ce qu’ils ont dans le ventre (en plus de la vodka). L’Italie peut déjà en témoigner elle qui vient d’être écrasée 3-0 par des Russes en mode Tsar de conquête.
Si vous habitez hors de l’ex-URSS, et c’est le cas puisque vous lissez ceci, il y a de bonnes chances que les joueurs de l’équipe russe, hormis Arshavin et Dzagoev, vous soient inconnus.
Cela ne veut pas dire que la formation de Dick Advocaat n’a pas d’autres armes… ou boucliers.
Car s’il y a bien un joueur qui peut se révéler et révéler la Russie dans cet Euro c’est Akinfeev, car le jeune gardien de la sélection russe est en quelque sorte un rideau de fer.
Un rideau de fer nécessaire à l’arrière d’une défense bien trop lente, principale faiblesse de la Sbornaïa, mais Advocaat a prévu en conséquence.
La Russie joue bas avec un milieu serré et une contre-attaque rapide, avec Dzagoev comme métronome. Jusqu’à maintenant, ça fonctionne bien, aucune défaite et un seul but accorder au cours des huit derniers matchs.
Faut juste le faire quand ça compte maintenant.
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Julien Lamoureux
Étudiant le journalisme à l'UQAM, Julien eut la première fois l'idée de lancer un site de sports avec ses collègues à l'automne 2011. C'est grâce à un blogue de hockey qu'il a géré qu'il a découvert une passion pour les nouvelles technologies. Il s'intéresse aussi au football, au soccer et au plus de disciplines possibles. Il aime suivre le sport, mais il préfère par-dessus tout le pratiquer. @julienlamoureux sur Twitter.

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