Euro 2012: Groupe B
Groupe B : Le groupe de la mort
Les Pays-Bas
Les finalistes de la Coupe du Monde de 2010, en Afrique du Sud, sont encore une fois parmi les favoris pour remporter la compétition européenne ultime. Et c’est fort d’une période de qualifications à tout casser qu’ils espèrent y arriver. Avec leurs 37 buts en 10 matchs (dont un 11-0 contre San Marino), l’Oranje a pardonné à ses partisans hollandais la déconfiture de la finale de 2010 contre l’Espagne. On se rappelle que les Hollandais semblaient avoir perdu toute notion de ce que représentait la tradition footballistique de leur pays et jouaient de façon sournoise et peu reluisante.

Les Hollandais chercheront à se refaire une beauté après cette infâme finale de 2010. Crédit photo: zimbio.com
D’ailleurs, depuis ce Mondial, deux joueurs ont pris des directions opposées: Robin Van Persie, qui est devenu l’un des attaquants les plus prolifiques de la planète avec ses 50 buts, toutes compétitions confondues, avec Arsenal en Premier League. Et Wesley Sneijder, qui a eu une saison plus que difficile avec l’Inter Milan. Outre ces deux attaquants, les Hollandais peuvent compter sur Klaas-Jan Huntelaar, à la pointe du 4-2-3-1, qui est en grande forme avec la sélection nationale depuis les derniers mois. Ne pas oublier non plus Arjen Robben à l’aile, qui peut mener son équipe à la victoire à lui seul.
Là où le bât blesse, c’est à la défense. Même si elle saura contenir les équipes un peu moins dangereuse à l’attaque, peut-être sera-t-elle trop lente pour efficacement conjuguer avec les joyaux offensifs européens.
Outre ces défis sur le terrain, le sélectionneur Bert Van Marwijk a aussi le mandat – non-écrit – de restaurer la foi en les idéaux du football hollandais. Toute une commande… considérant que les Pays-Bas se retrouvent dans le fameux groupe de la mort d’entrée de jeu avec l’Allemagne, le Portugal et le Danemark.
L’Allemagne
C’est une jeune et fougueuse sélection qui essaiera elle aussi de remporter les grands honneurs à l’Euro 2012, après la défaite contre l’Espagne à la finale de 2008.
Habituellement reconnue pour son pragmatisme caractéristique de la nation allemande, la créativité et le football tout en attaque de la sélection de Joachim Low impressionne même ses propres partisans. On dit d’ailleurs qu’elle pourrait être l’équipe la plus appréciée de la mémoire récente des Allemands, encore plus que celle de 1996, victorieuse de l’Euro. On s’inspire notamment du style de football des formations les plus impressionnantes des dernières années: Barcelone et la sélection espagnole.
Cet optimisme face à cette équipe vient de plusieurs éléments. À commencer par une fiche parfaite de 10 victoires en 10 en qualifications, ce qui prouve sa constance malgré son jeune âge. Mais elle vient aussi de quelques joueurs auréolés d’un sens du football hors pair, avec une vision du jeu et un flair qui font partie de l’élite mondiale. On pense notamment à Mezut Özil, le prolifique attaquant du Real Madrid, qui offre une forme semblable en sélection avec 5 buts et 7 passes en 10 matchs de qualifications pour cet Euro.
Il y a tellement de profondeur dans cette équipe allemande qu’il n’y a que très peu de joueurs assurés dans le XI partant. Özil en fait partie, probablement avec le gardien Manuel Neuer. L’entraîneur Joachim Low aura un heureux problème à choisir entre Miroslav Klose ou Mario Gomez à la pointe du 4-2-3-1. Les joueurs se bousculent aux ailes, mais on devrait voir Thomas Muller et Lukas Podolski avant Mario Gotze et Marco Reus.
Et si l’attaque de la Mannschaft se porte au mieux, c’est peut-être pour camoufler les lacunes en défense. Outre le fabuleux pilier qu’est Philip Lahm en arrière gauche, autant pour le Bayern Munich que pour l’Allemagne, les 3 autres défenseurs n’inspirent pas la confiance. L’aile que ne couvrira pas Lahm sera probablement plus à découvert, puisque Per Mertesacker n’a pas eu une forme resplendissante cette année avec Arsenal.
Néanmoins, si l’Allemagne réussit à garder possession du ballon dans la zone ennemie la majorité du temps, ils seront à considérer pour les vainqueurs potentiels.
Le Portugal
Il y a beaucoup de points d’interrogation entourant la Selecção en vue de cet Euro 2012. Des performances ponctuées de hauts et de bas en qualifications, entre autres, ne mettent pas la table à un grand championnat. D’autant plus que les Portugais se retrouvent dans ce fameux groupe de la mort, en compagnie des Pays-Bas et de l’Allemagne. Toutefois, les partisans de la péninsule ibérique n’ont qu’à se rappeler l’Euro 2000, où ils ont réussi à se sortir d’un autre groupe de la mort, celui de l’Allemagne, de l’Angleterre et de la Roumanie.
Paulo Bento, le successeur de Carlos Queiroz, qui a connu un règne en dents de scie à la tête de la sélection portugaise, a vraiment réussi à ramener une certaine gloire, pour les joueurs, à représenter le Portugal. En ayant joué pour le Sporting de Lisbonne avec Cristiano Ronaldo et ayant entraîné le gardien Rui Patricio, les attaquants Nani, Veloso et Moutinho, il y a une certaine connexion qui s’est faite avec ses joueurs. Ainsi, l’équipe a rebondi après deux premiers matchs de qualifications décevants (les deux derniers de Queiroz) : un match nul de 4-4 contre Chypre et une défaite contre la Norvège 0-1. Ces points perdus ont obligé le Portugal à jouer deux matchs éliminatoires. La victoire de 6-2 au match retour contre la Bosnie-Herzégovine a vraiment été LE match le plus positif de toute cette période pré-Euro. Une longue frappe sublime de Nani, deux coups francs parfaits de Cristiano Ronaldo et de Miguel Veloso et deux buts de Helder Postiga. Non seulement ce match a-t-il prouvé que Ronaldo n’est pas le seul à qui faire confiance pour marquer, mais que le Portugal est prêt à jouer les gros matchs au moment opportun. Toutefois, la star portugaise a tendance à s’endormir lors des grosses compétitions internationales. Sans doute est-il moins à l’aise avec ses compatriotes portugais qu’avec ses coéquipiers du Real.
Bento prône une formation en 4-3-3. En plus de Ronaldo et Nani autour de Postiga à l’avant – ce dernier pourrait laisser sa place au jeune Nelson Oliveira en cours de route -, il y a plusieurs noms familiers dans cette formation. Le très controversé Pepe au centre-arrière et son compatriote du Real Madrid Fabio Coentrao en arrière-gauche, ainsi que le milieu Raul Meireles, de Chelsea. La grande question se situe en défense, au flanc droit. En remplacement de Jose Bosingwa, qui ne s’entend pas très bien avec Bento, on retrouve Joao Pereira. Plus petit, moins rapide que l’homme de Chelsea, il pourrait laisser un grand espace de ce côté à ses adversaires. Le gardien, Rui Patricio, qui a eu toute une saison au Sporting Lisbonne, est encore bien jeune et n’a pas une grande expérience en matches internationaux.
Si la force de frappe du Portugal ne fait aucun doute, c’est donc surtout à l’arrière que les questions se situent.
Le Danemark
Toute une commande attend les Danois à cet Euro. Il s’agit vraisemblablement du maillon faible du Groupe de la mort. Leur premier adversaire, les Pays-Bas, les avait battus 2-0 au premier match de la Coupe du Monde de 2010 à Johannesburg, mais ils constituent aujourd’hui une meilleure équipe. Leur victoire de 2-1 dans le dernier match des qualifications contre le Portugal leur permet d’espérer, d’autant plus qu’ils affronteront cette même sélection lors du deuxième match de groupe.
Le sélectionneur Morten Olsen, le plus expérimenté à cet Euro, est réaliste: «C’est dur pour tout le monde, mais surtout pour nous», rapporte le magazine FourFourTwo. «On ne peut faire autrement que de causer la surprise, et pour cela, nous avons besoin que tous nos joueurs soient au top de leur forme physique et mentale. Nous voyons cela comme un défi et nous sommes prêts à y faire face. On ne peut se permettre d’avoir des blessés, sinon nous ne passerons pas». Olsen a notamment raison sur le fait que tout le monde de son équipe doit être prêt physiquement et mentalement. Le plus gros problème de la sélection danoise est sa profondeur. Si moindrement un des joueurs du XI partant est blessé ou ne peut participer aux matchs, l’équipe en est grandement affectée. Il y a d’ailleurs certains points d’interrogations autour de Kjaer, centre-arrière, qui a été blessé pendant une bonne partie de sa saison avec Roma.
Le Danemark jouera en 4-2-3-1, se basant principalement sur Christian Eriksen au centre, le vétéran Dennis Rommedahl à droite et Michael Krohn-Dehli à gauche. Pour Eriksen, star montante de l’Ajax d’Amsterdam, il s’agit de sa première vraie chance de performer à un tel niveau. Il avait fait une petite apparition à la Coupe du Monde de 2010, mais on avait plutôt laissé la place aux vétérans Jorgensen, Gronkjaer et Kahlenberg à l’époque. Morten Olsen a voulu rajeunir son équipe en vue de cet Euro.
À la pointe, on compte encore beaucoup (trop?) sur Nicklas Bendtner pour les buts importants. Le Danemark devra jouer collectivement et en possession pour espérer passer à travers ce groupe. Trois grosses performances d’affilée sont primordiales dans leur cas.
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Jean-François Téotonio
Jean-François Téotonio étudie en Journalisme à l'UQAM. Littéralement passionné par l'«événement sportif», il s'intéresse à tous les sports, en particulier au tennis, au soccer et au hockey sur glace. Toujours à la recherche des émotions qu'engendre un match important, tous sports confondus, il saura vous les commenter avec sa plume droite et éclairée.



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