Forte affluence à la présidentielle iranienne, cruciale pour Rohani

Xavier Trudeau
Mai 20, 2017

Ebrahim Raissi ne remet pas en cause l'accord nucléaire voulu par le guide suprême, mais accuse le gouvernement Rohani d'avoir été trop "faible" dans les négociations, en faisant trop de concessions sans obtenir de réelles contreparties. Si aucun candidat n'est élu au terme du premier tour du scrutin 2017, un second tour avec les deux candidats ayant remporté le plus de votes sera organisé une semaine après. Il devrait dépasser les 72%, selon le ministère de l'Intérieur.

Le résultat de la présidentielle pourrait ainsi déterminer si le retour de Téhéran dans le concert des nations à la faveur de l'accord sur le nucléaire de juillet 2015 est appelé à s'accélérer ou si, au contraire, il va connaître un coup de frein avec l'arrivée d'un conservateur à la tête du pays.

Quatre candidats sont en lice pour ce scrutin aux faux-airs de référendum sur la politique à mener à l'égard de l'international.

Mais cette fois, le chef de l'Etat sortant, 68 ans, considéré comme un modéré et un pragmatique, doit faire face à un adversaire de taille en la personne d'un dirigeant religieux fondamentaliste de 56 ans, qui a apparemment le soutien des puissants Gardiens de la Révolution. Deux challengers, un réformateur et un conservateur, ont maintenu leur candidature, le premier ayant appelé officiellement à voter pour Hassan Rohani, soutenu par les réformateurs et les modérés. "Ebrahim Raisi est lui-même un grand criminel, qui était l'un des cinq responsables des massacres de 1988 où plus de 30.000 prisonniers politiques ont été exécutés".

Les détracteurs du président sortant reprochent à Hassan Rohani son incapacité à redresser une économie affaiblie par plusieurs décennies de sanctions.

Le taux de chômage s'établissait l'an dernier autour de 12,5% de la population active, selon des données publiées à l'automne par l'institut iranien de la statistique. L'économie a été au centre de cette campagne électorale en Iran. Outre la conclusion de l'accord nucléaire, le président sortant peut se prévaloir d'avoir fait chuter l'inflation qui, de 40% en 2013, est passée aujourd'hui à 9,5%. Malgré l'hostilité américaine, l'ambition de Rohani est de poursuivre l'ouverture au monde pour attirer davantage d'investissements, tandis que Raissi veut défendre les classes les plus défavorisées en privilégiant "l'économie de résistance" axée sur la production nationale. Mais la méfiance entre Téhéran et Washington, qui ont rompu leurs relations diplomatiques peu après la révolution islamique en 1979, demeure: le maintien de l'accord nucléaire s'est accompagné de nouvelles sanctions américaines liées au programme de missiles balistiques de l'Iran.

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