"Je voulais revenir ici Rue de Solférino" — François Hollande

Claudine Rigal
Mai 15, 2017

" Les Français ont choisi l'espoir et l'esprit de conquête ", a lancé le plus jeune président de la République jamais élu en France, à 39 ans, avant de s'engager à les convaincre " que notre puissance n'est pas déclinante, mais à l'orée d'une extraordinaire renaissance ".

François Hollande s'est exprimé dimanche midi depuis le siège du Parti socialiste, pour son premier discours après avoir passé le témoin de président de la République à Emmanuel Macron. Les deux hommes se sont ensuite enfermés dans le bureau présidentiel pour parler secrets d'État. Si Emmanuel Macron a régulièrement été qualifié d'"héritier " pendant la campagne, il a pris soin lors de la cérémonie d'investiture de ne pas commettre les mêmes impairs que son prédécesseur. Un ancien président doit "contribuer, aider mais sans gêner". "Manque d'élégance", avaient souligné des proches de Sarkozy. Quelques années plus tard, François Hollande a confié regretter son attitude. Il va succéder à Jean-Pierre Jouyet, ami proche de François Hollande.

Il a choisi de rendre hommage aux sept présidents de la Ve République.

Selon son entourage, le costume bleu nuit porté par le nouveau président est un modèle de chez Jonas&Cie, un magasin situé dans le Sentier, quartier traditionnel de confection textile à Paris. Il s'était contenté d'évoquer "la nouvelle vie qui s'ouvrait " pour celui qu'il venait de battre. En quoi consistera désormais l'avenir de celui qui fut le septième président mal-aimé de la Ve République? Tous ont eu droit à quelques mots.

Il a salué seul les corps constitués.

Il a ensuite mentionné "François Mitterrand qui accompagna la réconciliation du rêve français et du rêve européen"; Jacques Chirac "nous donnant le rang d'une nation sachant dire non aux prétentions des va-t-en guerre"; Nicolas Sarkozy "ne comptant pas son énergie pour résoudre la crise financière qui avait si violemment frappé le monde". Ce qui n'avait pas été du goût de tout le monde.

"Bon courage", a glissé François Hollande à son ex-conseiller avant de quitter les lieux.

Après le départ de François Hollande, que M. Macron a applaudi en le raccompagnant à sa voiture, a commencé la cérémonie d'investiture à proprement parler.

Comme le veut la tradition, le nouveau président s'est fait présenter le grand collier de la Légion d'honneur avant d'aller saluer, un à un, les quelque 300 invités massés sur la moquette cramoisie du palais présidentiel, tandis que résonnaient des airs joyeux signés Mozart et Offenbach. La culture et l'éducation par lesquels se construit l'émancipation, la création et l'innovation seront au cœur de mon action.

"La division et la fracture qui parcourent notre société doivent être surmontées qu'elles soient économiques, sociales, politiques ou morales " (.) Dans ce combat, j'aurais besoin de chacun.

"Pour être l'homme de son pays, il faut être l'homme de son temps", lui souffla Laurent Fabius, en citant Chateaubriand.

Étaient aussi présents des représentants du Parlement, des syndicats, des autorités religieuses - à qui Brigitte Macron a demandé de " prier, beaucoup " pour son mari - et des compagnons de la première heure d'Emmanuel Macron comme Christophe Castaner, Benjamin Griveaux et Gérard Collomb, dont certains étaient émus aux larmes. " Pour des questions de protocole, François Hollande étant officiellement célibataire, elle ne pouvait arriver en même temps qu'Emmanuel Macron " a expliqué la communication de l'Elysée.

Le marathon du nouveau chef de l'Etat se poursuivra à 17H00 à l'Hôtel de Ville de Paris avec une nouvelle cérémonie, tout aussi traditionnelle.

En marge des festivités, ont été annoncés les premiers noms de l'équipe d'Emmanuel Macron. Le nouveau locataire de l'Élysée a devant lui un calendrier chargé: nomination du Premier ministre, du gouvernement, déplacement à Berlin, sommet de l'Otan, élections législatives ou ordonnances.

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