La campagne bouleversée par une attaque à Paris — Présidentielle en France

Amand Boissieu
Mai 1, 2017

Un regard dans le rétroviseur nous ramène en février 2005, alors que le terroriste, pour avoir tenté de tuer un élève gardien de la paix et le frère de celui-ci, avait été condamné en appel à quinze ans de réclusion, révèle le procureur François Molins, qui précise qu'il a passé quatorze années en prison. Mais il avait été relâché le lendemain à l'issue de sa garde à vue, faute d'éléments, selon des sources proches de l'enquête, indique la presse française. Arrivé au niveau d'un véhicule de police stationné en charge de la surveillance de l'office du tourisme de Turquie, au 102 avenue des Champs-Elysées, l'assaillant a posé le pied à terre et a "ouvert le feu avec un fusil d'assaut Kalachnikov" en direction du car de police. Installé au volant, il a reçu deux balles dans la tête.

En novembre 2016, il était présent pour la réouverture du Bataclan lors du concert de Sting, un an après les attaques terroristes du 13 novembre 2015.

Parallèlement à cette procédure engagée à Meaux, la section antiterroriste du parquet de Paris ouvre en mars une enquête préliminaire le visant et confiée à la DGSI. Ils se trouvaient dans les habitations perquisitionnées dans la nuit de jeudi à vendredi à Chelles (Seine-et-Marne). Le chauffard avait tiré deux balles, les blessant grièvement tous deux au thorax.

Selon les informations de L'Express, la victime s'appelle Xavier J. Âgé de 37 ans, cet agent " avait fait toute sa carrière à Paris et était membre de la 32e compagnie d'intervention de la préfecture de Paris, une unité qui s'occupe du maintien de l'ordre dans la capitale", explique à L'Express Yves Lefebvre secrétaire général d'Unité-SGP Police FO.

Un morceau de papier vraisemblablement tombé de sa poche a par ailleurs été retrouvé près de son corps, un "message manuscrit défendant la cause de Daech".

Dans la voiture les enquêteurs ont retrouvé un fusil à pompe, deux gros couteaux et un sécateur. Son procès trouvait son origine dans une course-poursuite en 2001. En 2008 et 2009 il est de nouveau condamné, pour des violences en prison. Sorti en liberté conditionnelle, il était retourné en prison, après une nouvelle condamnation pour vol aggravé en 2014 à quatre ans de prison, dont deux ans de sursis avec mise à l'épreuve.

Dans son voisinage, Karim Cheurfi n'est pas décrit comme un homme radicalisé ayant pu graviter dans la nébuleuse salafiste djihadiste. Il sera interpellé peu après et placé en garde à vue. Il avait pourtant pour obligation d'avertir la justice de son voyage.

Son lien exact avec le groupe jihadiste Etat islamique (EI), qui a rapidement revendiqué l'attaque jeudi soir, reste à établir.

L'enquête révèle que le terroriste qui a tué un policier sur les Champs-Elysées avant d'être abattu est un Français de 39 ans, qui faisait déjà l'objet d'une enquête antiterroriste. L'homme, dont fait référence le communiqué de Daesh, s'est présenté de lui-même dans un commissariat d'Anvers.

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