Le Canada va défendre ses intérêts — Renégociation de l'ALENA

Claudine Rigal
Mai 19, 2017

Négocié par George Bush père et signé en 1994 par Bill Clinton, cet accord a créé une des plus grandes zones de libre-échange au monde et a permis, selon ses promoteurs, de dynamiser l'emploi et l'investissement en Amérique du Nord.

Dans une lettre aux députés américains, le délégué au Commerce Robert Lighthizer explique avoir déclenché une période de consultation de 90 jours avec le Congrès, les entreprises et les citoyens américains, permettant au débat de s'ouvrir d'ici au 16 août.

La ministre canadienne des Affaires étrangères Chrystia Freeland a promis jeudi de défendre les intérêts du Canada dans la renégociation à venir de l'Accord de libre-échange nord-américain (ALENA).

L'administration Trump assure désormais vouloir obtenir rapidement des résultats "significatifs" pour les consommateurs, les entreprises et les agriculteurs américains, affirme le communiqué de l'USTR.

Dans une déclaration, le secrétaire américain au Commerce, Wilbur Ross, a indiqué que de nouvelles règles seraient dorénavant privilégiées par les États-Unis en ce qui a trait à ses échanges commerciaux.

"Depuis la signature de l'ALÉNA, nous avons vu notre industrie manufacturière être décimée, nos usines fermées et d'innombrables travailleurs sans emploi".

Ce courrier est moins détaillé qu'un précédent projet adressé aux députés en mars, dans lequel l'administration Trump revendiquait une égalité fiscale et la possibilité de rétablir des droits de douane si les importations en provenance du Mexique et du Canada constituaient une menace grave pour l'industrie américaine.

Les Canadiens ont aussitôt assuré qu'ils feraient entendre leur voix et qu'ils défendraient leurs intérêts.

"Nous sommes fermement résolus à favoriser le libre-échange sur le continent nord-américain et à faire en sorte que toute la population canadienne bénéficie des avantages du commerce", a déclaré la ministre dans un communiqué.

Mardi, Chrystia Freeland s'était rendue à Washington pour discuter avec son homologue américain des relations commerciales entre les deux pays.

De son côté, le Mexique, qui a sans doute le plus à perdre, a réagi plus modérément en saluant la renégociation et en affirmant sa volonté de faire de l'Aléna un accord "à même de faire face aux défis du XXIe siècle".

Mme Freeland réagissait à l'annonce par l'administration américaine de l'envoi d'une lettre au Congrès signifiant l'ouverture formelle du processus de renégociation de l'accord de libre échange.

Pendant sa campagne électorale, Donald Trump n'a eu de cesse de dénoncer l'Alena, qualifiant cet accord vieux de 23 ans de "désastre" car aboutissant à une migration des usines et des emplois industriels qualifiés vers le Mexique.

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