Le parti de Macron lève un coin du voile — Investitures législatives

Claudine Rigal
Mai 15, 2017

François Bayrou a finalement annoncé dans la nuit de vendredi à samedi avoir trouvé un accord avec le mouvement d'Emmanuel Macron.

François Bayrou était plus remonté que jamais après avoir découvert jeudi la liste des candidats investis par La République en marche pour les législatives du mois de juin.

Selon François Bayrou, il ne s'agissait pas de répondre "à des problèmes arithmétiques" mais "à deux questions essentielles: est-ce qu'il s'agit d'un parti unique ou d'une majorité plurielle?"

Le secrétaire général du parti d'Emmanuel Macron, Richard Ferrand, a ainsi assuré le maire de Pau que tout allait "bien se passer" pour les législatives, notant qu'"une quarantaine" de candidats MoDem figurent déjà sur la liste des investis. D'où sa discussion téléphonique aussi avec Emmanuel Macron, jeudi soir, pour une petite explication.

"Je découvre ce soir le parachutage surprenant sur ma circonscription. Le reste, les querelles d'état-major ça s'apaisera", a considéré l'élue Modem, dont le nom est régulièrement cité parmi les personnalités qui pourraient entrer au gouvernement. La conséquence de la crise qui a éclaté jeudi après-midi après la publication par la République en marche! II vient en province par opportunisme.

Car, si l'on compare les deux positions ou des satisfécits de la part de Bayrou bien trop enthousiastes par rapport à la réalité, il y a un jeu de dupes qui n'est pas l'apanage des alliances tranquilles et amicales. Emmanuel Macron et Alain Juppé se sont parlé au téléphone. Les sondages accordent, au premier tour des législatives, 29 % à la la République en marche, 20 à LR, 20 % au FN (chiffre très élevé, mais qui diminuera au second tour), 14 % à la France insoumise. "Les accords d'apothicaire, les accords d'appareil, nous on ne fait pas!", indique-t-il. La liste de candidats investis par le mouvement "La République en marche", présentée mercredi, n'était "en aucun cas celle à laquelle le MoDem a donné son assentiment", avait prévenu le maire de Pau, qui en avait appelé à Macron pour "des investitures communes". "C'est une opération de recyclage du Parti socialiste en déshérence", a encore dénoncé le chef de file du parti, pointant en cela la désignation du conseiller presse de François Hollande, Gaspard Gantzer, comme candidat en Bretagne (ouest). Seulement 35 candidats du MoDem ont été investis, au lieu des 120 promis en échange de l'apport qu'il a fourni au candidat pendant sa campagne électorale. Mais un afflux de CV est arrivé dans la foulée de l'élection de M. Macron, parmi lesquels celui de l'ancien Premier ministre socialiste Manuel Valls qui a annoncé mardi son intention de briguer l'investiture de La République en marche dans son fief de l'Essonne, en région parisienne.

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