Trump assure avoir "le droit" de partager des informations avec la Russie

Claudine Rigal
Mai 20, 2017

Israël aurait fourni ces informations aux États-Unis dans le cadre d'un strict accord de renseignement et ne voulait pas qu'elles soient partagées avec un autre pays, avançaient mardi plusieurs médias américains, en citant des responsables anonymes.

Des responsables américains ont confié cependant au WSJ que Trump "n'a sans doute pas livré suffisamment de détails pour nuire à cette source".

"En tant que président, j'ai souhaité partager avec la Russie (lors d'une rencontre prévue de manière ouverte à la Maison Blanche), ce que j'ai absolument le droit de faire, des faits qui ont trait au terrorisme et à la sécurité des vols de compagnies aériennes".

Entre temps, le président américain a dû se souvenir des menaces proférées lorsqu'il était candidat à l'adresse d'Hillary Clinton: " Dès que je suis à la Maison Blanche, je nomme un procureur spécial, et vous finirez en prison!

Si Donald Trump n'a pas a priori enfreint la loi (un président dispose d'une grande marge de manoeuvre pour déclassifier les informations dont il dispose), son initiative pourrait mettre en danger le partage de renseignement avec des alliés proches. Le général McMaster, directeur du Conseil de sécurité nationale, s'est chargé d'un démenti, sitôt contredit par le Washington Post.

Selon le Washington Post, M. Trump a, lors d'une rencontre récente dans le Bureau ovale avec Sergueï Lavrov, évoqué des renseignements concernant une opération du groupe Etat islamique en préparation. "Pour des raisons humanitaires, et je veux en plus que la Russie accélère nettement sa lutte contre l'EI (groupe Etat islamique, ndlr) et le terrorisme", a-t-il écrit sur Twitter au petit matin. D'après le général, Donald Tump et Sergueï Lavrov ont passé en revue "les menaces posées par des organisations terroristes à nos deux pays, y compris les menaces pesant sur l'aviation civile". Le président russe, Vladimir Poutine, s'est ouvertement moqué, hier, du scandale des renseignements confidentiels révélés par son homologue Donald Trump, fustigeant un establishment américain "stupide ".

Peri, qui a dirigé les services de sécurité interne israéliens entre 1988 et 1994, est actuellement membre du parlement pour le parti centriste Yesh Atid, a déclaré que la fuite de Trump "est une préoccupation pour les forces du renseignement israélien" ajoutant qu'il "espère que cela ne causera pas de réels dommages".

La colère agitait mardi l'opposition démocrate et grondait jusque dans les rangs des élus républicains.

Furieux contre M. Trump, le sénateur républicain américain John McCain a affirmé qu'il s'agissait d'un "message inquiétant aux alliés de l'Amérique et à ses partenaires dans le monde".

La rencontre a eu lieu au lendemain du limogeage du patron du FBI James Comey, chargé de l'enquête sur les liens éventuels entre les équipes de campagne de Trump et Moscou. Trump et Lavrov avait été perçue comme un coup diplomatique du Kremlin, quelques mois après la mise en place de sanctions américaines contre la Russie pour son ingérence dans l'élection présidentielle de 2016.

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