Emmanuel Macron en passe d'obtenir une majorité écrasante à l'Assemblée

Amand Boissieu
Juin 19, 2017

Les grandes manoeuvres se poursuivront cette semaine: bureau national mardi et conseil national samedi pour le PS; bureau national pour Les Républicains mercredi, après l'élection de leur président de groupe et bureau politique du FN mardi.

Très largement au-dessus de la majorité absolue de 289 sièges, la République en marche (REM) et son allié du MoDem auront selon les résultats quasi-définitifs au moins 351 sièges à l'Assemblée nationale, suite au second tour des législatives dimanche. Loin derrière, les deux familles politiques, droite et gauche, qui structurent la vie politique française depuis des décennies devraient enregistrer de sérieux revers, avec l'effondrement du Parti socialiste et Les Républicains en grandes difficultés.

"On a tiré contre tout ce qui représentait un système antérieur et on essaye autre chose", résume le constitutionnaliste Didier Maus. "Personne ne peut se satisfaire d'une abstention".

Un total de 1.146 candidats, dont 40% de femmes, sont en lice dans 572 duels et une triangulaire pour tenter de décrocher l'un des 573 sièges de députés encore en jeu pour un mandat de cinq ans. Quatre députés ont été élus au premier tour.

La République en Marche est la plus représentée avec 454 candidats, devant Les Républicains (264), le FN (120), La France insoumise (67), le Parti socialiste (65) et le MoDem (62).

L'alliance entre Les Républicains (LR) et l'UDI décroche 131 sièges, dont 113 LR.

Vague ou raz-de-marée? Seule l'ampleur de la victoire du parti présidentiel la République en Marche (REM) fait encore question. "Il peut y avoir un correctif entre les deux tours, que les électeurs se disent qu'une fois que la majorité semble acquise pour Emmanuel Macron, ce n'est pas la peine d'en faire trop", selon Emmanuel Rivière de Kantar Sofres.

Elle pourrait grimper jusqu'à 53% à 54% dimanche, selon les dernières enquêtes, soit une dizaine de points de plus qu'en 2012 (44,6% au second tour).

Les six membres du gouvernement qui jouaient leur place lors de ce second tour l'ont, au moins pour l'instant sauvée, en remportant leur circonscription, alors qu'un remaniement est annoncé pour les prochains jours par l'entourage du président.

Le grand chamboulement est assuré.

Seuls 222 députés sortants étaient qualifiés pour le deuxième tour et 224 autres sortants ne se représentaient pas, plus du double qu'en 2012.

Au premier tour, le mouvement d'Emmanuel Macron a obtenu 32,3% des voix.

"La défaite de la gauche est incontournable, la déroute du Parti socialiste, sans appel", a reconnu dimanche soir le patron du parti, Jean-Christophe Cambadélis, en annonçant sa démission (son intervention télévisée ci-dessous).

Non investi par le PS, mais non concurrencé par la REM, Manuel Valls a annoncé dans une ambiance houleuse sa réélection dans l'Essonne avec 139 voix d'avance sur sa concurrente de la France insoumise, Farida Amrani.

Avec 21,56% des voix au premier tour, LR allié à l'UDI ne peut espérer, selon les projections, que de 60 à 132 sièges, contre plus de 200 dans l'Assemblée sortante.

Sont en revanche battus: les anciens ministres de gauche Marisol Touraine, Jean-Jacques Urvoas, Najat Vallaud-Belkacem et Myriam El Khomri et la députée LR Nathalie Kosciusko-Morizet.

Le premier ministre Edouard Philippe a constaté que les Français avaient donné une "majorité franche" au parti du président Macron, qui a "préféré l'espoir à la colère, l'optimisme au pessimisme, la confiance au repli".

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