Enquête préliminaire sur Richard Ferrand

Amand Boissieu
Juin 2, 2017

À en croire Matignon, Richard Ferrand n'est pas menacé à son poste de ministre de la Cohésion des territoires après l'ouverture d'une enquête concernant ses montages immobiliers.

Le sondage montre que 54% des Français estiment qu'Emmanuel Macron a tort de maintenir Richard Ferrand au gouvernement. Le Président justifie ce silence en expliquant vouloir se consacrer à sa visite en Bretagne. Mercredi, il avait appelé en Conseil des ministres à "la solidarité, la responsabilité", selon le porte-parole du gouvernement Christophe Castaner, cité par l'AFP. L'enquête vise tous les faits susceptibles de constituer des infractions pénales en matière d'atteintes aux biens, de manquement au devoir de probité et aux règles spécifiques du code de la mutualité.

Entre autres révélations, la presse a affirmé la semaine dernière que la compagne de M. Ferrand avait bénéficié de l'attribution d'un marché de location de la part d'une mutuelle d'assurance quand il en était directeur général (1998-2012). Mais c'est le local de la société immobilière appartenant à la compagne de Richard Ferrand qui a été choisi.

Lors d'un déplacement en Seine-et-Marne jeudi, Edouard Philippe est revenu sur l'affaire Richard Ferrand après l'ouverture quelques heures plus tôt d'une enquête préliminaire par le parquet de Brest.

Par ailleurs, l'association anticorruption Anticor a adressé mercredi au parquet de Brest une plainte contre X dans cette affaire, sur le fondement du délit d'abus de confiance. Le gouvernement n'entend pas changer d'avis sur le maintien en poste du ministre de la cohésion des Territoires, proche d'Emmanuel Macron. Son agenda public pour jeudi était vide. Le ministre de la Justice François Bayrou doit tenir dans l'après-midi un point presse sur cette loi, qui sera le premier texte de la nouvelle législature. Mais pour Xavier Bertrand, président LR de la région Hauts-de-France, elle "est aujourd'hui décrédibilisée" par l'affaire.

Le président du groupe PS à l'Assemblée, Olivier Faure, a abondé sur la même chaîne: voyant un débat des législatives "obsédé par la question de M. Ferrand", il a considéré qu'"il serait sain pour tout le monde, et d'abord pour le président de la République, qu'il démissionne", et "s'il devait être blanchi, qu'il puisse revenir".

Si elle concède que "rien d'illégal n'a été démontré pour l'instant" dans cette affaire, l'ex-candidate à la présidentielle estime que "chacun considère qu'il y a là au moins une rupture morale", précisant que cet enrichissement personnel "ressemble fichtrement à l'affaire Fillon".

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