François Bayrou assure être "la cible" de l'enquête sur les emplois

Amand Boissieu
Juin 26, 2017

"Le discours de Francois Bayrou était assez clair, il n'y a pas de sujet de confiance politique, il n'y a pas de sujet de recomposition de la majorité qui serait différente, qui serait moins équilibrée, y compris au Parlement où le MoDem aura toute sa place au sein de la majorité parlementaire".

Jusqu'à sa décision, mercredi 21 juin, de ne pas faire partie du prochain gouvernement, François Bayrou a nié l'existence de tels emplois fictifs et récusé surtout l'idée qu'un système organisé ait pu exister.

Le parquet de Paris avait annoncé le 9 juin l'ouverture d'une enquête préliminaire pour "abus de confiance et recel de ce délit", à la suite d'un signalement à la justice par un ex-collaborateur de Jean-Luc Bennahmias, qui expliquait avoir été salarié comme assistant parlementaire alors qu'il était en réalité sous contrat avec le parti centriste.

La ministre des Armées a souhaité quitter le gouvernement et le président a accepté sa démission.

Les quelques semaines de François Bayrou passées au gouvernement auront été marquées, en marge de cette affaire de soupçons d'emplois fictifs, par plusieurs recadrages de la part du premier ministre vis-à-vis de la liberté de parole du garde des Sceaux.

C'est "un choix personnel" qui "simplifie la situation", a réagi le porte-parole du gouvernement Christophe Castaner.

Mais l'annonce lundi du départ de Richard Ferrand, ministre sortant de la Cohésion des Territoires fragilisé par une enquête judiciaire, a bouleversé la donne et accentué la pression sur d'autres ministres, susceptibles d'être entendus par la justice dans d'autres affaires.

"Macron est quelqu'un de très humain mais quand la raison d'Etat est en jeu il n'a pas d'états d'âme", souligne un de ses proches. "Emmanuel Macron est une chance pour notre pays, pour l'Europe et pour l'équilibre du monde", a-t-il assuré.

Quatre ministres, dont deux en charge de dossiers régaliens, ont quitté le gouvernement en deux jours avant l'annonce du remaniement prévu ce mercredi vers 18H. Ce mardi matin sur BFMTV, à la question de savoir s'il pourrait y avoir de nouveaux ministres ou secrétaires d'Etats issus des Républicains, Edouard Philippe avait répondu: "Ce n'est pas impossible". Il comprend 17 personnes issues de la société civile.

Ce remaniement ne devait être qu'une formalité "technique" pour Emmanuel Macron et Edouard Philippe, surtout après une victoire nette aux élections législatives.

Le prochain conseil des ministres se tiendra jeudi à l'Elysée à 10h00.

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