La livre Sterling dévisse, mais les marchés résistent — Elections britanniques

Claudine Rigal
Juin 19, 2017

Militant de longue date, il s'est retrouvé comme un poisson dans l'eau dans les meetings à travers le pays, se montrant proche des gens et de leurs préoccupations, cherchant le contact, tout le contraire de la campagne de Theresa May. Ils en avaient 330 dans l'assemblée sortante.

Alors que Mme May est sortie affaiblie des législatives de jeudi, à l'issue desquelles elle a perdu sa majorité parlementaire, elle a "confirmé son intention de commencer comme prévu les discussions sur le Brexit dans les deux semaines", a indiqué un communiqué de Downing Street. À Paris? Le Premier ministre Edouard Philippe a jugé pour sa part que ces résultats, "une forme de surprise", ne remettaient pas "en cause" la procédure de divorce.

" Mais elle a perdu des sièges conservateurs, perdu des votes, perdu le soutien et la confiance".

Le parti eurosceptique Ukip perd quant à lui son unique siège. "La politique a changé et il n'y aura pas de retour en arrière ", a commenté le dirigeant travailliste.

Le problème pour Theresa May est double. Jeremy Corbyn, chef de file de l'opposition travailliste a fait savoir qu'il était prêt à poser les jalons d'un gouvernement minoritaire, ajoutant également au passage que les négociations sur le Brexit devraient s'enclencher comme initialement escompté. Le coup de poker n'a pas été concluant: elle a finalement perdu une douzaine de sièges.

Les appels à la démission de Mme May se multipliaient vendredi et plusieurs croient que ses jours sont comptés.

Le Labour a ainsi symboliquement remporté la circonscription de Canterbury, qui était aux mains des conservateurs depuis 1918.

La Première ministre écossaise Nicola Sturgeon a toutefois appelé Theresa May à "abandonner" son projet de Brexit "dur" après son échec aux élections. Le porte-parole de Theresa May pour l'instant annoncé qu'elle comptait former un nouveau gouvernement. Les Lib-Dem ont prévenu le 8 juin au soir qu'il n'y aurait "pas de coalition, pas d'accord" avec les autres partis. May a fait une campagne désastreuse, centrée sur son prétendu côté "forte et stable" et, en fait, totalement coupée des aspirations des citoyens: elle a refusé de débattre avec ses adversaires - Jeremy Corbyn, en particulier - à la télévision, elle a promis d'autoriser de nouveau la chasse aux renards - une pratique aristocratique particulièrement impopulaire -, elle s'est mise à dos les retraités en promettant d'introduire une taxe dédiée pour financer la protection sociale des retraités, elle a fait la leçon à une infirmière réclamant la fin du gel de son salaire de misère en lui rétorquant, sur un ton détaché, que "l'argent ne pousse pas dans les arbres", au moment même où ses amis promettaient aux grandes fortunes qu'ils ne les attaqueraient jamais.

Son ancien leader, Nigel Farage, interrogé par les médias anglais au cours de la nuit, a estimé à propos de celui qui est déjà considéré comme le grand vainqueur du jour: " Je pense que si l'on a une coalition menée par (Jeremy) Corbyn, le Brexit est en danger".

"Les chances de voir le Royaume-Uni demander un délai dans le processus du Brexit ont augmenté de manière significative", estime Malcolm Barr, économiste de JPMorgan, dans une note diffusée vendredi. Mais là se repose une autre question, à savoir qui peut prendre la suite au sein du parti conservateur, sachant que la plupart des prétendants au poste en 2015 se sont un peu discrédités l'un après l'autre, à l'instar de Boris Johnson et Michael Gove.

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