La police disperse la Gay Pride avec des balles en caoutchouc — Istanbul

Claudine Rigal
Juin 26, 2017

Dix personnes ont été interpellées, selon le journal "Hürriyet".

Les autorités turques ont annoncé samedi leur décision de ne pas autoriser la tenue de la marche et des manifestations associées pour préserver "l'ordre public" et la "sécurité des touristes" dans la zone concernée. "Notre sécurité sera garantie en nous reconnaissant dans la Constitution, en garantissant la justice, par l'égalité et la liberté".

Les organisateurs ont répliqué en affirmant que la manifestation se déroulerait comme prévu, qualifiant l'interdiction d'"infondée".

Les organisateurs avaient alors réitéré leur détermination à maintenir la manifestation.

Nous n'avons pas peur, nous sommes là, nous ne changerons pas.

Au moins 22 personnes ont été arrêtées, la police a tiré des balles en caoutchouc sur un groupe de 50 personnes pour les empêcher de marcher vers la place.

Par le passé, la marche des fiertés a attiré à Istanbul des dizaines de milliers de personnes, ce qui en faisait l'une des plus importantes dans le monde musulman. En 2016, la manifestation a été interdite pour des raisons de sécurité alors que le pays était frappé par une série d'attentats meurtriers liés au groupe jihadiste État islamique (EI) ou aux séparatistes kurdes.

Mais dans un cas comme dans l'autre, les manifestants avaient bravé ces interdictions, et avaient été dispersés violemment par les forces de l'ordre.

Les autorités ont interdit tous les rassemblements sur la place Taksim depuis une fronde anti-gouvernementale qui y est née en juin 2013 contre la "dérive islamiste" et "autoritaire" du président islamo-conservateur Recep Tayyip Erdogan.

Ses commentaires conservateurs sur les femmes et la famille enflamment régulièrement la critique.

En 2010, la ministre de la Famille et de la Femme Aliye Selma Kavaf avait mis de l'huile sur le feu en disant que l'homosexualité relève d'un "désordre biologique", et que c'est maladie qui devait être soignée. Un déferlement de violence dans un pays où l'homosexualité n'est pas pénalement réprimée mais où l'homophobie reste très répandue.

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