Les époux Jacob au coeur du mystère — Affaire Gregory

Amand Boissieu
Juin 24, 2017

Jacqueline et Marcel Jacob, grand-oncle et tante du petit Grégory, ont été mis en examen, vendredi 16 juin, pour "enlèvement " et "séquestration suivie de mort ".

La grand-tante du petit Grégory Villemin, Jacqueline Jacob, a été mise en examen vendredi après-midi à Dijon (Côte-d'Or) pour enlèvement et séquestration suivie de mort, dans le cadre de l'affaire du "petit Grégory". Lors de sa conférence de presse, cette semaine, le procureur général de Dijon, est revenu sur ces relations extrêment difficiles au sein de la famille et a notamment confié que Marcel Jacob était animé par "un antagonisme parfois violent avec les parents de Grégory". Ils ont été placés en détention provisoire et risquent 20 ans de réclusion criminelle.

Pour le magistrat, "il y a un lien indissociable entre ces courriers et l'enlèvement de l'enfant ".

"Le procureur général a inversé la charge de la preuve, c'est-à-dire que, les époux Jacob n'étant pas capables de dire où ils étaient au moment des appels, ça fait d'eux les (auteurs des) appels".

Le logiciel Anacrim aura définitivement bouleversé l'affaire du petit Grégory. L'étau se resserre autour de deux membres de la famille Villemin: le grand oncle et la grand tante de l'enfant.

Revenue sur ses déclarations trois jours plus tard, en accusant les gendarmes de les avoir recueillies sous la pression, cette adolescente à la crinière rousse sest depuis retranchée dans un silence pesant. "On n'a aucun élément matériel, rien, on a mis la charrue avant les boeufs", s'est empressé d'annoncer, au sortir du palais de justice, M Stéphane Giuranna, l'avocat de Marcel Jacob, qui a "jugé criminel de jeter en pâture le nom d'un couple ". En 2008, l'information est ouverte à nouveau et les investigations sont, depuis, " constantes", bien que " discrètes", selon le procureur de Dijon.

C'est un rebondissement majeur dans cette affaire qui a tenu en haleine la France pendant trois décennies, fait l'objet de 3.000 articles de presse, une cinquantaine de travaux universitaires, un téléfilm et une quinzaine d'ouvrages.

"La mise en examen, pour être valable, nécessite l'existence d'indices graves et concordants. On vient de vous dire qu'il n'y en a aucun". Sa belle-mère, Monique Villemin, se constitue partie civile. Ce jeudi, le procureur général de Dijon a indiqué, pour la première fois, que plusieurs personnes avaient participé au meurtre. Jacqueline Jacob "est exténuée, fatiguée, épuisée", a-t-il relevé. Ce droit "doit être strictement appliqué pour éviter tout dérapage", insiste Gary Lagardette. La belle-sœur de Jean-Marie Villemin a également été placée en garde à vue avant d'être relâchée. Bernard Laroche, cousin de Jean-Marie et de Michel Villemin (le père de Grégory), a été soupçonné et inculpé du meurtre de Grégory. Les expertises récentes d'une lettre de menaces, manuscrite et anonyme, adressée en 1983 à Jean-Marie Villemin, désignent Jacqueline Jacob comme une auteure possible. "La lettre d'un " corbeau " anonyme revendiquant le meurtre en invoquant une " vengeance ", apparemment postée à l'heure où le corps n'avait pas encore été retrouvé, donnait d'emblée à cet horrible fait-divers une dimension mystérieuse. Ce courrier intéresse particulièrement les enquêteurs: si les expertises n'ont pas permis d'en identifier l'auteur, la justice constate "une similitude importante des termes" utilisés dans ce document et dans la lettre de 1983.

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