"Make our planet great again !" — Macron à Trump

Amand Boissieu
Juin 3, 2017

Laurent Fabius n'a pas caché sa colère vendredi matin sur France 2, lui qui a présidé la COP21, conférence mondiale sur le climat ayant donné naissance à l'accord de Paris que les États-Unis viennent de quitter.

Une gifle cinglante. En annonçant jeudi soir que les États-Unis quittaient l'accord de Paris pour le climat, Donald Trump provoque une immense pagaille diplomatique, et la crainte que d'autres dirigeants climato-sceptiques remettent en cause l'accord si durement arraché par la France en décembre 2015. Le texte, que 190 pays avaient approuvé, vise à limiter la hausse de la température mondiale et ses effets dévastateurs.

Depuis l'annonce de sa décision, la consternation domine partout dans le monde.

Emmanuel Macron a aussi insisté sur le fait que l'accord de Paris était "irréversible".

Si la critique de Macron n'était pas assez claire comme cela, il ne restait plus aucun doute après sa chute, dans laquelle il s'est approprié le slogan de campagne de Trump, "Make America Great Again". "Le président des Etats-Unis indique au monde qu'il entend essayer de régler les problèmes tout seul", a estimé le Premier ministre français Édouard Philippe vendredi matin sur RTL.

Maintenant, Donald Trump va continuer ce qu'il a commencé depuis qu'il est arrivé, en supprimant les crédits aux énergies vertes, en essayant de relancer le charbon mais surtout en revenant sur toutes les promesse faites par Barack Obama à Paris lors de la COP 21.

"Il est temps de placer Youngstown dans l'Ohio, Detroit dans le Michigan, et Pittsburgh en Pennsylvanie, et beaucoup d'autres endroits dans notre grand pays, avant Paris, en France".

Lors de son intervention, jeudi 1er juin, le chef de l'Etat français en a profité pour écarter l'appel à une renégociation du texte lancé par le président américain.

Cette référence à Pittsburgh dans le discours prononcé par Trump est très symbolique: touchée de plein fouet par la désindustrialisation, la ville a perdu 30% de sa population entre 1970 et 1990 et sa région métropolitaine a connu un chômage massif dans les années 1980.

"Nous avons hâte de travailler avec le président, le Congrès et toutes les parties prenantes pour fournir les innovations et les technologies qui permettront à l'Amérique de remplir ses objectifs environnementaux", a déclaré à l'AFP un porte-parole de ce groupement qui dit représenter 3 millions de grandes entreprises et de PME. Enfin, quand il dit qu'il va renégocier, il connait pertinemment la réponse: il n'y a rien a renégocier.

De toute évidence, Emmanuel Macron s'était montré un peu trop optimiste à l'issue du G7 de Taormina, en Sicile, samedi, disant avoir "bon espoir" que Donald Trump confirmerait l'engagement américain sur les accords de Paris et faisant assaut d'amabilité à l'égard d'un dirigeant qu'il jugeait "pragmatique" et "ouvert".

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