Pour Xavier Bertrand, "oui, il y a un problème Bayrou"

Amand Boissieu
Juin 25, 2017

En pleine tourmente, François Bayrou a présenté hier en Conseil des ministres sa loi de moralisation de la vie publique, au moment où lui-même est confronté à des soupçons d'emplois fictifs visant des élus MoDem et vient d'être rappelé à l'ordre pour s'être plaint d'une enquête auprès de Radio France. Ce à quoi le journaliste a répondu que le terme "harcèlement" renvoyait à une qualification pénale et qu'il était donc possible d'interpréter ce coup de fil comme une pression de la part du garde des sceaux.

Le ministre de la Justice avait affirmé avoir appelé en tant que "citoyen", estimant que cela n'avait "rien à voir" avec sa fonction. L'affaire des assistants parlementaires du MoDem a beau rendre la position du ministre de la Justice difficilement tenable et provoquer une première crise d'autorité au sein du jeune gouvernement, franceinfo vous explique pourquoi l'exécutif ne peut pas se permettre de lâcher son ministre centriste.

Ce léger recadrage primo-ministériel n'empêche cependant pas Edouard Philippe de prendre la défense de son garde des Sceaux: "Je comprends que l'homme François Bayrou ait été agacé par la façon dont les questions ont été posées, avec beaucoup de pression probablement, sur des gens qui ne s'y attendaient pas". Edouard Philippe a recadré hier son ministre, mais François Bayrou continue de lui tenir tête et revendique sa liberté de parole. En tout cas, pour moi, je ne sais pas vivre sans liberté de parole. Sur le plan institutionnel, il entend supprimer la Cour de justice de la République, juridiction d'exception des membres du gouvernement, et interdire le cumul de plus de trois mandats successifs dans le temps, sauf dans les petites communes. A moins de passer par un référendum, ce que François Bayrou n'a d'ailleurs pas exclu. Comble de la provocation, il a lancé: "Edouard Philippe a dit quelque chose absolument juste". "Quand on est un responsable, un homme politique, (.) quand on pense qu'il y a des choses importantes à dire, il faut les dire".

Une nouvelle bravade qui en amène une autre dans la foulée: dans une interview donnée au journal Le Monde à paraître ce mercredi, le garde des Sceaux persiste et signe: " Je ne suis pas devenu muet en entrant Place Vendôme.

Emmanuel Macron et François Bayrou ont fait de ces textes, censés mettre fin à des décennies de pratiques qui ont nourri le populisme et un sentiment du "tous pourris" en France, un emblème de leur alliance et de la promesse de renouvellement de la vie politique sur laquelle le chef de l'Etat a été élu. Véritable symbole de ce nouveau quinquennat, ce projet de loi vise à rétablir la "confiance" dans le système politique. "Le Béarnais est convaincu que son ralliement a ouvert les portes de l'Elysée à Emmanuel Macron et joue les vice-présidents", ironise-t-il.

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