Remaniement: Philippe reconduit, Richard Ferrand part pour l'Assemblée

Amand Boissieu
Juin 21, 2017

Le Premier ministre français Edouard Philippe " prend acte de la décision de François Bayrou " de démissionner mercredi de son poste de ministre de la Justice.

La semaine suivante, le Garde des Sceaux passait - selon lui en tant que simple citoyen - un appel à la rédaction de Radio France, pour se plaindre de l'enquête menée par les journalistes de la station sur l'affaire des assistants parlementaires du MoDem.

D'après plusieurs médias, ce serait le renoncement surprise mardi de la ministre des Armées, Sylvie Goulard, impliquée dans une affaire d'emplois fictifs présumés au parlement européen, annoncé au nom du "redressement moral" qui aurait fait boule de neige. Mais hier encore, M. Bayrou affirmait que le départ de la ministre était inspiré par une décision " personnelle ". Pour sa part, Édouard Philippe annoncera mercredi 21 juin la composition de son nouveau gouvernement. Une forme de consécration politique pour l'ancien ministre de l'Education nationale qui avait assujetti son soutien à Emmanuel Macron lors de la campagne présidentielle à l'élaboration d'une loi sur la moralisation de la vie publique.

Pour la presse de mercredi, les soupçons d'emplois fictifs qui pèsent sur le MoDem de François Bayrou mettent "la pression" sur le garde des Sceaux et rejaillissent sur Emmanuel Macron qui va devoir trancher "sous la contrainte". A l'Assemblée, Richard Ferrand devrait donc prendre la tête d'un groupe de 308 sièges allié à celui que le MoDem de François Bayrou compte former avec ses 42 députés. Dans un contexte de triomphe électoral, la soudaine fragilité du pouvoir excite l'opposition, trop heureuse de trouver un os à ronger, déstabilise, au moins momentanément, l'exécutif, frappe l'opinion de stupeur.

En plus de son nouveau rôle à l'Assemblée nationale, Richard Ferrand a été réélu député dans le Finistère. Il lui faut trouver des personnes aussi compétentes et aussi désireuses de participer ardemment à une action politique que le président de la République veut singulière, novatrice et débarrassée des blocages idéologiques.

Un gouvernement au sein duquel il n'est "pas impossible" de retrouver de nouveaux membres venus des rangs des Républicains, a glissé le Premier ministre, qui poursuivrait ainsi l'opération de fracturation de la droite engagée par Emmanuel Macron. Mais sa sérénité a été mise à rude épreuve. Pas de démission puisque cette règle était édictée uniquement pour le gouvernement et pas pour les autres instances.

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