Une alliance DUP-conservateurs suscite l'inquiétude à Dublin — Royaume-Uni

Claudine Rigal
Juin 12, 2017

Elle aurait demandé à la reine l'autorisation officielle de composer une nouvelle équipe gouvernementale.

Sous le choc d'élections qui lui ont fait perdre sa majorité absolue et la fragilisent, la Première ministre britannique Theresa May a reconduit vendredi dans leurs fonctions ses principaux ministres.

Les législatives ont produit l'inverse de ce que la Première ministre avait souhaité: au lieu de gagner des sièges, son parti a reculé et perdu sa majorité. Sans majorité absolue assurée, Theresa May va devoir essayer de former un gouvernement, ce qui pourrait être long et complexe. Elle en sort décrédibilisée, pressée de démissionner, et devra compter sur le soutien du petit parti unioniste d'Irlande du nord DUP pour gouverner.

Les conservateurs sont en tête du scrutin mais ont perdu une douzaine de sièges, tandis que l'opposition travailliste en a gagné une trentaine, selon ces résultats quasi définitifs au terme desquels les Tories ne peuvent plus obtenir de majorité absolue. En provoquant des législatives anticipées, la conservatrice Theresa May voulait renforcer sa main avant de négocier le Brexit. Aucun parti n'a réussi à atteindre les 326 sièges nécessaires pour devenir le parti majoritaire au Parlement. Elle a été élue à la suite d'une procédure qui déjà elle-même était un peu court-circuitée parce que, au lendemain de la démission de David Cameron, il y avait un certain nombre de candidats qui, suite à des coups bas et autres histoires un peu sordides parfois, se sont retirés les uns après les autres.

Jeremy Corbyn, leader des travaillistes largement réélu dans sa circonscription d'Islington, au nord de Londres, a immédiatement appelé Theresa May à la démission pour "laisser la place à un gouvernement vraiment représentatif". Un an après le vote favorable au divorce avec l'Union européenne (51,9 %), le camouflet infligé personnellement à M May peut se lire aussi comme un refus du " hard Brexit " (sortie du marché unique et rejet des juridictions européennes) dont elle se veut la championne, et que conteste le Labour au nom de la défense de l'emploi.

On ignore pour l'heure s'il s'agira d'une formation de coalition ou d'un gouvernement minoritaire, mais les choses s'annoncent compliquées pour Theresa May, plus fragile que jamais alors qu'elle s'apprête à entamer les négociations du Brexit.

L'ancien ministre et rival de Mme May, reconverti en rédacteur en chef du quotidien The Evening Standard, s'est ajouté à la longue liste de ceux qui estiment que la situation de Theresa May est devenue intenable depuis le revers humiliant enregistré aux législatives anticipées.

À Paris, le Premier ministre Edouard Philippe a jugé que ces résultats étaient "une forme de surprise" qui ne remettait cependant pas "en cause" le Brexit. "Unissons nos efforts pour conclure un accord", a-t-il tweeté.

International Les Européens redoutent que les négociations prennent du retard.

Un nouveau Parlement mais pas de nouveau gouvernement au Royaume-Uni après les élections.

Des représentants du gouvernement britannique ont "discuté des discussions" sur la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne avec des responsables européens lundi.

Elle s'est engagé à réfléchir "à la meilleure manière d'aller de l'avant pour l'Ecosse", sans aller jusqu'à sceller le sort de son projet de consultation.

Les Libéraux-Démocrates, seul parti résolument europhile, gagneraient six sièges à 14 mandats. Mais l'affaiblissement de Theresa May et le bon résultat des travaillistes de Jeremy Corbyn pourraient aussi favoriser une approche plus conciliante vis-à-vis de Bruxelles, un Brexit moins "dur".

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