Meurtre de Sarah Halimi : Macron demande "de la clarté" à la justice

Xavier Trudeau
Juillet 17, 2017

C'est en tout cas le souhait d'Emmanuel Macron.

"On ne saurait invoquer la déficience mentale pour venir masquer le caractère antisémite d'un meurtre, comme il en est question aujourd'hui concernant le meurtrier présumé de Sarah Halimi".

L'absence de qualification antisémite pour le meurtre de cette femme juive commis en avril, à Paris, par un voisin musulman avait suscité de l'indignation et de la colère dans la communauté juive. Pour le chef de l'État, ce meurtre est le dernier d'une trop longue liste. "Parce qu'on s'est tu, parce qu'on n'a pas voulu voir, le passage à l'acte intervient, a débuté Emmanuel Macron. Alors ce qui était des mots, ce qui n'était chez les uns que de la haine formulée différemment, et chez les autres une forme de lâcheté et une complaisance à ne pas vouloir voir, alors ça devient des vies fauchées et des gestes qui tuent", a affirmé Emmanuel Macron en évoquant l'antisémitisme.

Cette prise de position a immédiatement été suivie d'une salve d'applaudissements.

Capture d'écran- i24NEWS
Meurtre de Sarah Halimi : Macron demande “de la clarté” à la justice

Le CRIF, le conseil représentatif des institutions juives de France, a utilisé des termes inhabituellement sévères pour critiquer la mise en examen pour meurtre contre Kobili Traore, qui a avoué avoir tué le 4 avril Sarah Halimi, 66 ans, en la jetant par la fenêtre de son appartement du troisième étage.

Traore, 27 ans, qui n'a aucun antécédent de troubles mentaux, avait initialement été hospitalisé dans une institution psychiatrique, sa défense plaidant la démence.

"La personnalité du criminel récitant des incantations coraniques, ou criant 'Allah ouakhbar' comme le font les islamo-terroristes, le mode opératoire qu'il a utilisé, et le choix de sa victime qu'il savait juive, appuient notre thèse et confirment notre certitude: le crime est indéniablement antisémite", a déclaré l'association dans un communiqué. Dans ses déclarations, dont L'Express a pris connaissance, il a nié toute dimension antisémite, affirmant s'être senti "oppressé par une force extérieure, une force démoniaque". La qualification de crime antisémite n'a pour l'instant pas été retenue. "J'espère que l'exhortation présidentielle va enfin permettre d'ouvrir les yeux à la justice française", estime Gilles William Goldnadel, avocat de la sœur de Sarah Halimi.

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