Des ONG obligées de suspendre les sauvetages en mer — Migrants

Claudine Rigal
Août 13, 2017

En revanche, l'Aquarius a croisé en milieu de journée le bateau "C-Star", affrété par le groupe d'extrême droite français "Génération identitaire", pour afficher son désaccord avec les opérations des humanitaires.

S'il n'entend pas jeter l'éponge, l'équipage de l'Aquarius a décidé de rester sagement à 24 milles maritimes, à la limite de la zone où Tripoli a le droit de faire respecter ses lois nationales en matière de migration.

La marine libyenne a annoncé jeudi la création au large du territoire d'une zone de recherche et de sauvetage, qu'elle interdit sauf autorisation aux navires étrangers, en particulier aux ONG patrouillant pour secourir des migrants.

L'ONG Médecins sans frontières (MSF) a suspendu samedi les activités du Prudence, le plus gros des navires de secours aux migrants en Méditerranée, à la suite de l'interdiction lancée par la marine libyenne aux navires étrangers.

"Nous laissons un vide mortel en Méditerranée", a regretté le fondateur de Sea Eye, Michael Buschheuer, en calculant que son organisation avait sauvé environ 12.000 personnes en Méditerranée depuis avril 2016.

L'Aquarius patrouille depuis dix jours à 20 milles nautiques au nord de la Libye -une distance à laquelle on peut distinguer les côtes libyennes depuis le bateau-, en se retirant à 30 milles la nuit.

Seule l'ONG espagnole Proactiva Open Arms, dont les deux bateaux se trouvaient dimanche à Malte, a assuré vouloir reprendre ses opérations dès lundi.

Pour lui, la moindre présence des ONG, accusées par leurs détracteurs d'être devenues des "taxis" de migrants, est plutôt positive.

"Dans ces conditions, notre mission de sauvetage n'est plus possible". Rome, soutenu par l'UE, vient de négocier avec les ONG un code de conduite pour les sauvetages signé désormais par la majorité des organisations.

Quatre personnes au total ont été citées dans cette enquête: deux commandants, un membre d'équipage, ainsi qu'un prêtre érythréen très actif dans l'aide aux migrants. Parti le lendemain de cette annonce pour la zone des secours, le Vos Hestia de Save the Children, s'est pour sa part dérouté vers l'île italienne de Lampedusa, mais l'ONG britannique n'a pas donné d'explication dans l'immédiat.

"Nous avons fait deux choix: celui de soustraire des gains criminels aux trafiquants - parce que moins il y a de personnes qui partent, moins cela rapporte aux trafiquants - et celui de financer les agences de l'Onu - l'UNHCR et l'OIM - pour assurer des normes respectueuses des droits humains dans les camps libyens", a insisté Angelino Alfano.

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