Soins funéraires pour les séropositifs : des associations dénoncent les "stigmatisations" des thanatopracteurs

Evrard Martin
Août 31, 2017

C'est une mesure révolutionnaire pour les personnes séropositives dont l'application indigne certains professionnels du funéraire. La nouvelle mesure n'entrera en vigueur que le 1er janvier 2018, mais elle fait déjà polémique chez les thanatopracteurs, chargés de réaliser ces soins post mortem. "Vous commencez par y expliquer sans trembler que l'interdiction des soins de conservation pour les défunts porteurs du VIH ou d'une hépatite virale autorise les toilettes mortuaires, un acte qui est identique au soin, à l'exception des actes invasifs de conservation (sutures et incisions), et qui permet de se recueillir dans les mêmes circonstances auprès du défunt". Le syndicat professionnel des thanatopracteurs indépendants et salariés (SPTIS) qui en est à l'origine, dénonce "une très mauvaise nouvelle" et s'oppose au "terme de discrimination".

Les soins de conservation des corps (thanatopraxie), qui visent à retarder la décomposition, consistent notamment à injecter un produit antiseptique et conservateur à la place du sang. "Les soins de conservation sont un procédé invasif, où le risque de piqûre ou coupure est réel, malgré le port des équipements de protection individuelle recommandés", est-il écrit dans la pétition. "Il est inconcevable que nous prenions un risque supplémentaire pour nous et notre famille", poursuit le texte, qui rassemblait 335 signataires mardi après-midi. Jusqu'à présent, il existait une interdiction de pratiquer des soins funéraires sur les corps des personnes porteuses du VIH ou de virus hépatiques. Ces thanatopracteurs craignent des risques de contamination. S'ils n'obtiennent pas gain de cause, les thanatopracteurs menacent d'exercer leur droit de retrait.

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