Un véhicule percute un groupe de manifestants, des blessés (vidéo) — États-Unis

Claudine Rigal
Août 12, 2017

De violentes échauffourées ont éclaté samedi entre groupuscules de l'extrême droite américaines réunis à Charlottesville, en Virginie, et militants antiracistes, forçant le gouverneur de l'Etat à déclarer l'état d'urgence et la police à décider l'interdiction du rassemblement.

"Cet événement pourrait offrir une vitrine historique de haine, en rassemblant en un seul lieu un nombre d'extrémistes inédit depuis au moins une décennie", estime Oren Segal, directeur du Centre sur l'extrémisme de l'Anti-Defamation League (ADL), une association de lutte contre l'antisémitisme.

Les violences ont commencé avant même le début du rassemblement.

La scène a de quoi impressionner: quelques centaines de suprémacistes blancs ont défilé, torches enflammées à la main, dans les rues de Charlottesville, sur le campus de la prestigieuse université de Virginie, dans la nuit du 11 au 12 août.

Dans ce climat de haute tension, les craintes de débordements plus graves étaient avivées par la présence d'armes portées ouvertement par les manifestants, ainsi que le permet la loi dans l'Etat de Virginie.

Le président américain Donald Trump a réagi au rassemblement en affirmant sur Twitter: "Nous devons TOUS nous unir et condamner tout ce qui représente la haine".

Des membres de milices d'extrême droite s'étaient positionnés en tenue paramilitaire, fusil semi-automatique en bandoulière, non loin des forces de l'ordre très sollicitées.

"Vous ne nous éliminerez pas", ont scandé les nationalistes à leurs adversaires qui portaient des pancartes disant "Nazi go home" ou "Halte au suprémacisme blanc".

En effet, les organisations radicales manifestaient pour protester contre la municipalité qui entend retirer d'un jardin municipal la statue du général sudiste, qui a commandé les troupes des Etats esclavagistes durant la Guerre de Sécession (bien qu'étant lui-même opposé à l'esclavage).

"J'exhorte mes concitoyens de Virginie qui envisageraient de se rendre à ce rassemblement, soit pour le soutenir soit pour s'y opposer, de renoncer à leur projet", a enjoint le gouverneur démocrate Terry McAuliffe dans un communiqué. Il n'y a pas de place pour ce type de violence aux États-Unis.

Certains militants, professant la suprématie de la race blanche, brandissaient des drapeaux confédérés, un symbole considéré comme raciste par de nombreux Américains.

Les forces de l'ordre ont procédé à un nombre inconnu d'interpellations. Mais les images de ces extrémistes en robe traditionnelle avaient été diffusées dans le monde entier. Beaucoup plus de militants de la droite nationaliste étaient attendus ce samedi, notamment grâce à la présence de différents responsables de la mouvance "Alt-Right", pro-Trump et très présente sur les réseaux sociaux.

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