Angela Merkel en route vers un quatrième mandat

Claudine Rigal
Septembre 23, 2017

La chancelière allemande Angela Merkel à la convention de son parti CDU à Essen, en Allemagne, le 6 décembre 2016. Les tractations se dérouleront dans un climat que l'entrée prévue au Bundestag de la droite populiste va contribuer à tendre dans les prochains mois.

Les Allemands votent ce dimanche 24 septembre pour renouveler leur Parlement et désigner leur chancelier. Angela Merkel a défendu cette dernière en jugeant ces paroles "racistes et complètement condamnables ".

" Pour une Allemagne où il fait bon vivre " : c'est le slogan de campagne de l'Union chrétienne-démocrate (CDU) que préside Angela Merkel. "En seulement quelques années, Angela Merkel a ébranlé les fondements de notre culture et notre identité allemande et européenne", explique la coprésidente du parti devant une salle pleine à craquer. Avec le parti libéral, Angela Merkel aurait du mal à faire évoluer le fonctionnement de l'Europe vers plus de solidarité et d'intégration. Ce dernier, 76 ans, ancien membre de la CDU, multiplie les provocations lors de cette campagne. Le Parti social-démocrate d'Allemagne de Martin Schulz se maintient quant à lui à 22%.

Et si l'Allemagne ne dépense pas ses excédents, sauf pour entretenir et former ses 1,5M de migrants, il ne faut pas compter sur elle pour servir de locomotive aux économies voisines qui auraient bien besoin que Berlin se montre plus enclin à la dépense. Et, petite ironie de l'histoire, la France devra, après avoir déploré la fermeté d'Angela Merkel, se réjouir de son regain d'autorité.

Passée maîtresse dans l'art de la "démobilisation asymétrique " ("asymetrische Demobilisierung "), elle a su récupérer et faire passer en douceur le mariage homosexuel porté par les sociaux-démocrates du SPD et adopter, après la catastrophe de Fukushima, le programme de sortie du nucléaire des Verts.

Une coalition dite "Jamaïcaine" - noir (CDU), jaune (FDP), vert (Grüne / Les Verst) - serait peut-être logique mais a été a priori exclue par les Libéraux et les Verts. Ce qui lui permet d'enchaîner sur les deux sujets dont elle a fait ses chevaux de bataille: les réfugiés, trop nombreux, pas assez qualifiés et dangereux selon elle, et l'islam, cette "culture archaïque" qui à ses yeux n'a pas sa place en Allemagne. Comme si les dés étaient déjà jetés, il a indiqué qu'il se représenterait à la tête de son parti en cas de défaite.

3e scénario possible: une alliance avec les verts. "La droite, essentiellement la CSU et le FDP (Libéraux), vont se montrer très orthodoxes, sur une poursuite de la politique d'austérité". Conséquence: Gazprom en sera le seul actionnaire, tandis que ses partenaires -le Français Engie, les Allemands Uniper (ex-EON) et Wintershall (BASF), l'Autrichien OMV et l'Anglo-Néerlandais Shell- en financeront la moitié à parts égales.Et l'actionnaire majoritaire de Gazprom n'est autre que... l'Etat russe lui-même à hauteur de 50,23%.

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