Choisir de mourir — Maladie de Charcot

Evrard Martin
Septembre 6, 2017

L'écrivaine Anne Bert, atteinte de la Maladie de Charcot, a expliqué ce matin sur France Inter pourquoi elle a opté pour l'euthanasie en Belgique. "Tous les muscles meurent les uns après les autres, explique-t-elle posément". "Je ne veux pas vivre l'horreur que me promet cette maladie".

Alors, pour avoir le droit de partir comme elle le souhaite, pour faire souffrir ses proches le moins possible, Anne Bert s'est tournée vers la Belgique, où une loi autorise le suicide assisté à l'hôpital ou à domicile. Un jour, elle sera paralysée totalement, et mourra, dans la panique de l'étouffement. Soucieuse de rappeler les conséquences tragiques de sa maladie tout autant que la nécessité de reconsidérer la question de l'euthanasie, la loi Leonetti étant à ses yeux "hypocrite", elle a livré une nouvelle interview déchirante.

"Je sais que dans deux mois, ça va être l'horreur, et dans quatre mois encore pire que l'horreur, et après la mort." . Elle s'était imposée une limite: Le jour où elle ne pourra plus faire sa toilette et se nourrir toute seule, elle voudra mourir. Limites que cette écrivaine, auteure notamment de livres érotiques, a déjà dépassées.

"Si j'ai décidé de ne pas vivre cette agonie qui m'est promise, c'est parce que j'ai en moi une souffrance incommensurable, ineffable." . Anne Bert témoigne avec un calme étonnant, avec une volonté incroyable, et un amour de la vie bouleversant. Porte-étendard de la cause qu'elle défend, l'équipe d'Emmanuel Macron lui a répondu que "les questions éthiques et sociétales n'étaient pas une priorité". Sur France Inter mercredi, elle a confié n'avoir pas encore "fixé de date" à sa mort, tout en indiquant qu'il était de plus en plus difficile pour elle de vivre au quotidien.

Mais Anne Bert est déterminée à se faire entendre. Ce livre ce n'est pas pour elle qu'elle l'a écrit. Son roman, Le tout dernier été, sortira début octobre chez Fayard. Elle le conclut par "on n'est pas sérieux quand on va mourir".

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