Donald Trump menace l'accord sur le nucléaire iranien

Claudine Rigal
Septembre 21, 2017

"Je ne répondrai pas à cette question", a déclaré le président français, s'adressant à la presse en anglais". Alors que les États-Unis menacent de plus en plus de dénoncer l'accord, il a jugé qu'il "serait dommage" qu'il "soit détruit par des nouveaux voyous en politique internationale".

Donald Trump et son administration affirment que l'Iran viole l'esprit de l'accord, ainsi que la résolution 2231 adoptée par le Conseil de sécurité de l'ONU, en développant un programme de missiles balistiques, en soutenant le terrorisme et en menant une action déstabilisatrice en Syrie, au Liban et au Yémen.

Pour l'homme fort de Téhéran, le discours de son homologue américain ne représentait rien de moins que " de la rhétorique ignorante, absurde et haineuse", a-t-il déclaré, en parlant d'une allocution qui " porte atteinte à la confiance internationale ". "Beaucoup de pays européens sont convaincus qu'il faut un dialogue avec l'Iran pour avoir de la stabilité", a-t-il poursuivi, en qualifiant à cet égard l'accord conclu en 2015 sur le nucléaire de " pas dans la bonne direction ".

Plusieurs signes ou déclarations laissent penser que M. Trump pourrait ne pas certifier que l'Iran se conforme à l'accord, ce qui ouvrirait la voie à une réinstallation des sanctions par le Congrès, et à la fin du texte négocié pendant une douzaine d'années. "Ce qui est clair, c'est qu'il n'est pas heureux avec cet accord", a expliqué l'ambassadrice américaine à l'ONU Nikki Haley sur la chaîne CBS. Cela ne signifie pas clairement qu'il a l'intention de se retirer.

Selon Stewart Patrick, chercheur au Council on Foreign Relations, "les Nord-Coréens observent de près comment est traité l'Iran", pour voir "quel serait leur propre sort s'ils devaient un jour accepter de renoncer à leurs armes nucléaires". Les Etats-Unis ne resteront dans l'accord que si des "changements" sont "introduits", car le texte "doit vraiment être revisité", a même déclaré Rex Tillerson. Avec eux, les autres signataires de l'accord historique de Vienne: Russie, Chine, Grande-Bretagne, France et Allemagne.

Ces échanges entre Donald Trump et Hassan Rouhani donnent le ton à une réunion des signataires de l'accord nucléaire de 2015. De l'autre, la réouverture des discussions est une ligne rouge pour Téhéran. Les États-Unis font pression sur l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), chargée de vérifier le respect de l'accord, pour qu'elle inspecte des sites militaires iraniens, et souhaitent renégocier certaines dispositions, en particulier les "clauses Sunset " prévoyant que Téhéran sera libéré d'une partie de ses obligations, après dix ou quinze ans, selon les cas, c'est-à-dire à partir de 2025.

"Pour le chef de la diplomatie saoudienne, Téhéran n'en respecte pas les termes".

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