Expulsé de Turquie, le journaliste Loup Bureau "très soulagé" d'être en France

Claudine Rigal
Septembre 17, 2017

"Les conditions de détention ont changé quand Emmanuel Macron a demandé ma libération, les gardiens ont compris que je n'étais pas un terroriste".

Entouré de son père, de la Ministre de la Culture Françoise Nyssen et de Christophe Deloire de Reporters sans Frontières c'est un homme fatigué mais soulagé qui s'est approché des journalistes pour sa première conférence de presse.

Il est accusé par la Turquie d'appartenance à "une organisation terroriste armée".

"Je n'ai pas été maltraité physiquement mais il y a eu des menaces et des intimidations", a précisé le journaliste qui a été relâché vendredi 15 septembre. L'intervention d'Emmanuel Macron sera déterminante.

Il a expliqué que ses conditions de détention étaient au départ "un peu compliquées". "En prison, les choses se sont normalisées". "C'est un grand soulagement pour nous tous", a écrit le président français.

La veille sur TV5 Monde, Loïc bureau avait évoquéun "dénouement-éclair" après la visite en Turquie du ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, alors que les espoirs de libération semblaient alors devenus très maigres. Il avait été interpellé à la frontière turco-irakienne après que les autorités ont trouvé sur son appareil photo des clichés le montrant aux côtés de combattants kurdes des YPG. Mercredi soir, le procureur a rendu un acte d'accusation qui l'accuse rien de moins que d'appartenir à une organisation terroriste et il sera vraisemblablement jugé en son absence. "Pour lui malheureusement le combat n'est pas terminé", a-t-il ajouté. "S'il est condamné, il sera sous la menace d'un mandat d'Interpol et donc il ne pourra plus faire son métier, cela limiterait ses possibilités de déplacement", a-t-il dit, réclamant "qu'il soit lavé de tout soupçon". Les journalistes turcs sont de loin les plus touchés, mais leurs confrères étrangers ne sont pas épargnés.

Avant Loup Bureau, en mai, Mathias Depardon, un photojournaliste français, avait lui aussi été arrêté dans le sud-est de la Turquie, soupçonné de "propagande terroriste" pour le compte du PKK pour avoir diffusé sur les réseaux sociaux des photos prises lors d'un reportage. Il avait été expulsé après un mois de détention et une importante mobilisation.

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