Gilead échoue à faire bloquer un médicament générique en France — Sida

Evrard Martin
Septembre 9, 2017

Le laboratoire Gilead a attaqué devant la justice en référé l'un des fabricants du générique du Truvada, le laboratoire Mylan. Le laboratoire invoquait un CCP (certificat complémentaire de protection) qui octroie une prolongation du monopole, en allongeant la durée du brevet.

Le Truvada, qui associe plusieurs antirétroviraux, est utilisé à la fois comme traitement contre le VIH chez les personnes séropositives et de façon préventive auprès des populations à risque, dans le cadre de la prophylaxie pré-exposition (Prep).

L'association de lutte contre le VIH Aides a pour sa part salué une "excellente nouvelle", jugeant que la "rallonge de brevet" revendiquée par Gilead était "abusive et non justifiée".

Depuis le 25 juillet, des génériques du Truvada sont sur le marché, dont celui produit par Mylan, commercialisé 179,90 euros la boîte contre 406,87 euros pour le princeps de Gilead. Lors de la conférence IAS 2017 en juillet dernier à Paris, ITPC (International treatment preparedness coalition), Coalition PLUS et AIDES demandaient à Gilead de renoncer à toute action faisant barrage à l'accès aux génériques.

Le Tribunal de grande instance de Paris a débouté le groupe américain de l'ensemble de ses demandes et l'a condamné à verser 100.000 euros à son concurrent Mylan pour frais de justice, selon le texte de la décision rendue mardi, dont l'AFP a obtenu une copie. "Un camouflet juridique sans précédent pour le laboratoire", note l'association. Si le tribunal avait tranché en faveur de Gilead, Mylan et les autres génériqueurs auraient dû retirer leur molécule du marché.

Contacté par la rédaction d'Allodocteurs.fr, Gilead n'a, à l'heure où nous publions, pas apporté de commentaire à cette information. Dans un communiqué, sorti cet été, Mylan rappelle que le Truvada est le traitement antirétroviral le plus utilisé en Europe aujourd'hui, puisque "plus d'un quart des patients" en bénéficient en Allemagne, au Royaume-Uni, en France, en Italie et en Espagne.

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