Kenya: les résultats de la présidentielle annulés

Claudine Rigal
Septembre 1, 2017

Le 11 août, suite à l'annonce de la victoire d'Uhuru Kenyatta, des partisans de l'opposition à Nairobi, dans le comté Coast ainsi que dans les comtés de Kisumu, Siaya, Migori et Homabay dans l'ouest du pays ont protesté en chantant "Uhuru doit partir".

À la surprise générale, la Cour suprême du Kenya, saisie par l'opposition, a ordonné vendredi 1 septembre la tenue d'une nouvelle élection présidentielle.

Le leader de l'opposition kenyane, Raila Odinga a obtenu ce lundi l'autorisation, de la Cour suprême du Kenya, d'accéder au système informatique de la Commission indépendante des élections et des frontières (IEBC), pour vérifier si des manipulations extérieures seraient intervenues dans la transmission des résultats du scrutin présidentiel du 8 août passé.

Le président de la Cour suprême, David Maraga, a déclaré que les élections n'avaient "pas été conduites en accord avec la Constitution " et que "l'intégrité du scrutin avait été affectée ". Il a indiqué que la Commission électorale avait désormais 60 jours pour organiser un nouveau scrutin. Depuis le 8 août, celui-ci dénonçait des fraudes massives, et, le 18 août, la NASA avait déposé un recours devant la Cour suprême pour contester les résultats.

Quelle en est la raison?

Les médias kényans ont salué cette décision comme historique, dans un pays où la classe politique est habituellement très corrompue.

Ils ont notamment reproché à l'IEBC d'avoir trop tardé à publier de nombreux procès-verbaux de bureaux de vote et circonscriptions, les seuls à faire légalement foi. Ce laps de temps a pu, selon eux, permettre leur falsification.

Après une semaine consacrée au dépôt par écrit des arguments de la coalition d'opposition Nasa, et des contre-arguments de la Commission électorale (IEBC) et de Uhuru Kenyatta, l'équipe juridique de Raila Odinga a commencé lundi à exposer ses griefs. Des violences au cours desquelles au moins 21 personnes, dont un bébé et une fillette de neuf ans, avaient trouvé la mort, selon un bilan de l'AFP établi à partir de sources policières, hospitalières et d'un rapport de l'ONG Human Rights Watch.

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