La Cour suprême "menacée" par le camp Kenyatta — Kénya

Claudine Rigal
Septembre 20, 2017

Le président de la Cour suprême kényane, David Maraga, a dénoncé aujourd'hui les menaces formulées par des responsables politiques et leurs partisans contre son institution, depuis l'invalidation par cette dernière de la réélection du chef de l'Etat sortant Uhuru Kenyatta. Ils ont été dispersés par la police anti-émeute à l'aide de gaz lacrymogène.

Et mardi, des manifestations à l'encontre de la Cour ont éclaté à Nairobi et dans le centre du pays, fief d'Uhuru Kenyatta.

Les déclarations de David Maraga interviennent la veille de la publication très attendue du jugement complet de la Cour suprême. Le candidat malheureux, l'opposant Raila Odinga, avait fait recours à la Cour, dénonçant de nombreuses irrégularités qui avaient entaché le scrutin.

La Cour suprême du Kenya a blâmé mercredi la Commission électorale pour sa gestion de l'élection présidentielle invalidée du 8 août, lui reprochant d'avoir proclamé les résultats sur la base de documents parfois "douteux" et de ne pas avoir permis l'accès à ses serveurs informatiques. Il a notamment promis de "régler " les problèmes existants selon lui dans le système judiciaire. Ce que les commentateurs avaient interprété comme un moyen de ne pas froisser la communauté Kisii, à laquelle appartient David Maraga, avant de nouvelles élections.

Les médias locaux ont eux rapporté plusieurs manoeuvres de députés de son parti en vue de limiter à l'avenir les pouvoirs de la Cour suprême. Mais de nombreux doutes subsistent quant à sa capacité à se tenir à cette échéance.

La société fournissant le système électronique a assuré ne pas pouvoir être prête à temps pour le nouveau scrutin du 17 octobre.

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