Le gouvernement demande 80 millions d'euros d'économies — Audiovisuel public

Evrard Martin
Septembre 15, 2017

Le siège de France Télévisions, le 18 février 2008, à Paris (archives). Le 31 août, devant l'Association des journalistes médias, Delphine Ernotte, la présidente de France Télévisions avait appelé à étendre cette contribution à l'audiovisuel public à l'ensemble des ménages, quitte à introduire une pondération en fonctions des revenus. "Cette situation financière, nous l'avons trouvée en arrivant et l'audit de la Cour des Comptes l'a clairement établie en juillet", a expliqué Françoise Nyssen à l'AFP. C'est par ces mots que la principale société de droits d'auteurs de l'audiovisuel a réagi à l'annonce par Le Monde d'un plan d'économies de 80 millions d'euros dans le PLF 2018.

"Le gouvernement a fait de la maîtrise des dépenses publiques une priorité", et "effectivement l'audiovisuel public sera amené à contribuer à cette maitrise des dépenses mais dans une proportion mesurée", selon la ministre.

La ministre de la Culture Françoise Nyssen a reçu successivement jeudi dernier dans l'après-midi les dirigeants de France Télévisions, Arte, France Médias Monde et Radio France pour leur annoncer ces nouvelles mesures d'économies. Radio France devra faire pour sa part 20 millions d'économies, Arte cinq et "quelques millions d'euros" pour France Médias Monde, toujours selon Le Monde qui ajoute qui ne le ministère de la Culture ni les groupes concernés n'ont voulu commenter ces informations. "Malgré cet effort, le budget de l'audiovisuel public en 2018 restera supérieur à celui de 2015 et de 2016", a-t-elle précisé. Ce qui rendrait caduque, de fait, les contrats d'objectifs et de moyens signés entre les présidences de chaque groupe et l'Etat sous François Hollande. "L'effort demandé sera de 36 millions d'euros par rapport à 2017, sur un budget global qui se situe environ à 4,5 milliards, soit moins de 1 %", a ainsi annoncé la ministre de la Culture. "C'est une ambition partagée avec les groupes de l'audiovisuel public qui sont des soutiens essentiels à la création culturelle", fait-elle valoir.

"La SACD exprime son inquiétude et son incompréhension face aux informations parues dans la presse et faisant état d'une baisse significative des crédits affectés aux entreprises de l'audiovisuel public dans le projet de loi de finances pour 2018".

"La question de la modernisation de la contribution à l'audiovisuel public, pour l'adapter aux nouveaux usages, est légitime mais mérite un débat".

Vers une réforme de la redevance télé?

Tout le monde le sait, la télévision ne se regarde pas seulement sur un téléviseur, la radio ne s'écoute pas seulement sur un poste de radio, il y a les diffusions numériques, le replay, les podcasts. "D'une manière générale, la production audiovisuelle, la transformation numérique du groupe, le rayonnement de la création n'ont aucune chance d'être à la hauteur des enjeux et des attentes des téléspectateurs et auditeurs dans cette instabilité systémique ".

D'autres rapports CampDesrEcrues

Discuter de cet article

SUIVRE NOTRE JOURNAL