"Le laboratoire ne fait pas face à ses responsabilités" — Implants contraceptifs Essure

Evrard Martin
Septembre 19, 2017

Les implants de stérilisation Essure des laboratoires allemands Bayer ne seront plus disponibles ailleurs qu'aux Etats-Unis.

La commercialisation des implants Essure avait été suspendue pour trois mois dans l'Union européenne au début du mois d'août, l'organisme chargé de renouveler leur certification ayant requis des éléments complémentaires sur ce dispositif de contraception définitive. "La sécurité, l'efficacité et un usage approprié d'Essure ont toujours été notre plus grande priorité", poursuit-il. Le laboratoire avait déjà cessé récemment la commercialisation d'Essure notamment en Finlande, au Royaume-Uni, aux Pays-Bas et au Canada, en raison du déclin des ventes.

Dans son communiqué, Bayer a dit vouloir "rassurer les patientes, notamment celles porteuses d'Essure, ainsi que tous les professionnels de santé qui les accompagnent sur le fait que cette décision n'est pas liée à un problème de sécurité ou de qualité du produit". Ce comité, saisi par l'ANSM en raison de l'augmentation des signalements d'effets indésirables, avait estimé qu'il n'était "pas nécessaire" de modifier la réglementation sur ce dispositif.

C'est ce que pense Isabelle Ellis, victime de graves effets secondaires pendant les huit années où elle a porté les implants Essure: "Je suis à la fois contente que l'on arrête ce dispositif mais je reste sur ma faim puisque je doute fort qu'un jour le laboratoire produise des études réelles de toxicité. Cette solution correspond à ce que les victimes que je représente sollicitaient de longue date", a réagi dans un communiqué Me Charles Joseph-Oudin, avocat représentant plusieurs centaines de patientes françaises.

Officiellement, le laboratoire invoque des raisons économiques, le marché européen n'étant plus suffisamment attractif. Les victimes du dispositif Essure peuvent se réjouir qu'il soit définitivement retiré du marché en France.

"Les procédures judiciaires permettront de faire la lumière sur le défaut de sécurité lié à l'utilisation de ces implants", a poursuivi l'association dans son communiqué.

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