Le Parlement fédéral vote contre le référendum d'indépendance au Kurdistan — Irak

Claudine Rigal
Septembre 13, 2017

Le 7 juin, M. Barzani a annoncé son intention d'organiser un référendum sur l'indépendance de la région du Kurdistan irakien le 25 septembre, une mesure qui a été critiquée par Baghdad qui l'a qualifiée d'"inconstitutionnelle et illégale".

Ali al-Safi, membre de l'Alliance nationale (le plus important bloc chiite au parlement), a déclaré à Anadolu que le Parlement irakien a voté à la majorité contre la tenue du référendum pour l'indépendance. D'un côté, M. Joubouri assure que le vote du Parlement ´´impose au Premier ministre (Haider al-Abadi) de prendre toutes les mesures pour protéger l'unité de l'Irak et d'entamer un dialogue sérieux´´ avec Erbil.

En outre, il a souligné que les députés kurdes se sont retirés de la session parlementaire pour protester contre la décision du parlement irakien.

Après l'entretien, M. Aboul-Gheit doit se rendre à Erbil, capitale de la région semi-autonome du Kurdistan irakien, afin de rencontrer le président régional Masoud Barzani pour relancer un dialogue politique constructif entre les deux parties.

Les autorités fédérales n'ont cessé de répéter ces derniers mois que la consultation était contraire à la Constitution.

En revanche, le vote a été favorablement accueilli par la Turquie, l'Iran et la Syrie qui ont plaidé aussi pour l'annulation du référendum. Les États-Unis et certains pays occidentaux redoutent que ce scrutin ne dégénère en un conflit avec le pouvoir central irakien ou avec la Turquie et l'Iran, qui comptent d'importantes minorités kurdes. Si tous adhèrent au rêve d'un Etat kurde, de nombreuses voix s'élèvent pour questionner l'opportunité du calendrier de M. Barzani. Autonome depuis 1991, la province aspire à l'indépendance depuis des dizaines d'années. Mais M. Barzani a déjà prévenu: il veut des ´´garanties´´ et des ´´alternatives´´ pour repousser ou annuler le référendum.

"Il n'existe aucun obstacle" légal ou constitutionnel qui pourrait forcer Erbil à renoncer à son projet, affirme le politologue Abdelhakim Khasro. Mais les pays voisins ´´ont intérêt à bloquer´´ le processus, affirme-t-il.

Ce rendez-vous électoral s'annonce également sensible, car la province de Kirkouk, une zone pétrolière disputée au nord de Baghdad et rattachée au gouvernement fédéral, a décidé d'y participer contre l'avis des autorités centrales irakiennes. Et tenter de les convaincre.

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