Le procès des journalistes de Cumhuriyet vire à l'absurde — Turquie

Claudine Rigal
Septembre 13, 2017

La justice turque a prononcé lundi 11 septembre le maintien en détention de cinq collaborateurs du journal d'opposition Cumhuriyet jugés pour "activités terroristes ". Un procès qui confirme si besoin est l'état fragile dans lequel se trouve la liberté de la presse en Turquie. Motif invoqué: trois des témoins appelés à la barre n'ont pas pu être interrogés.

Ainsi, l'éditorialiste Kadri Gürsel, connu aussi comme président de la section de l'International Press Institute (IPI), Murat Sabuncu, le rédacteur en chef, et Akin Atalay, le patron de " Cumhuriyet ", ont été emprisonnés depuis 316 jours. Dix-sept dirigeants, journalistes et employés de cette institution, créée en 1924, sont accusés d'avoir aidé deux mouvements, classés par le pouvoir comme terroristes, le " réseau " güléniste - les partisans du prédicateur Fetullah Gülen -, et le PKK (Parti des travailleurs du Kurdistan). Pour les défenseurs des droits de l'homme, cette affaire traduit le déclin des libertés en Turquie depuis le putsch manqué du 15 juillet 2016, suivi de purges massives qui ont frappé les milieux critiques: élus pro-kurdes, médias et ONG.

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