Les Rohingyas fuient vers le Bangladesh voisin

Claudine Rigal
Septembre 7, 2017

Selon Anthony Lake, 80% de ces 125.000 réfugiés sont des femmes et des enfants.

Il prévient que des extrémistes indonésiens sont tentés d'utiliser la crise dont sont victimes les membres de cette minorité musulmane en Birmanie. Pendant ce temps, la minorité rohingya, entassée dans des camps de fortune côté birman aussi, est sans accès aux écoles, aux hôpitaux, au marché du travail. Les autorités étatiques considèrent ces derniers comme immigrés illicites depuis le Bangladesh et refusent d'octroyer à la plupart d'entre eux la citoyenneté. "Nous organiserons cette année un sommet" sur la question, a ajouté M. Cavusoglu sans donner plus de détails. Cette offensive répond elle-même à des raids menés contre des postes de police par un mouvement de guérilla apparu récemment, l'Armée du salut rohingya de l'Arakan (Arakan Rohingya Salvation Army ou ARSA), encore appelée Harakah al-Yaqin par ses militants dans la langue locale.

Birmanie ces derniers jours après une nouvelle flambée de violences.

Là est précisément le fait nouveau: les Rohingyas ne semblent plus résignés à subir une répression impitoyable sans réagir autrement qu'en fuyant la Birmanie.

La communauté musulmane est la cible d'une persécution systématique en Birmanie et le phénomène ne se cantonne pas au seul Etat de Rakhine (Arakan), dans le nord-ouest du pays, où des violences récentes ont contraint près de 90.000 Rohingyas à prendre la fuite, selon un rapport que publie mardi une ONG basée à Londres. Ce mouvement de population déstabilise la région, a déclaré Antonio Guterres, secrétaire général des Nations unies. Entre temps, un meeting non autorisé en soutien aux Rohingyas a été organisé par la communauté musulmane dans la capitale russe.

" À cause des arrivées massives de réfugiés, une immense crise humanitaire se déroule ici", a déclaré Nur Khan Liton, célèbre militant des droits de la personne au Bangladesh. L'organisation indique qu'une aide de 18 millions de dollars est nécessaire pour accueillir les nouveaux réfugiés lors des trois prochains mois. Elle vit une une situation qui se passe de commentaire. D'abord en Tchétchénie où un million de personnes se sont réunies sur une place de Grozny.

Répondant à l'appel d'organisations des droits de l'homme, les manifestants ont organisé leur protestation devant l'ambassade de Birmanie et dans des rues adjacentes du centre-ville. La veille, la ministre indonésienne des Affaires étrangères avait d'ailleurs rencontré Aung San Suu Kyi, cheffe du gouvernement birman, pour lui demander de résoudre le problème.

Très critiquée à l'étranger pour son silence à ce sujet, la chef du gouvernement birman et Prix Nobel de la paix s'est exprimée pour la première fois depuis le début des attaques en fin août.

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