Les séparatistes lancent la campagne interdite de l'indépendance — Catalogne

Claudine Rigal
Septembre 16, 2017

La Cour constitutionnelle espagnole a décidé mardi de suspendre la loi fixant les modalités de transit vers un État catalan indépendant, adoptée la semaine dernière par le parlement régional, alors que le parquet a ordonné aux différents services de sécurité de l'État et de la région de prendre les mesures nécessaires pour empêcher le référendum indépendantiste prévu le 1er octobre.

" Il n'y aura pas de référendum ", a martelé vendredi le porte-parole du gouvernement Inigo Mendez de Vigo, affirmant que le seul dialogue que veulent les indépendantistes porte sur l'organisation d'un référendum dont le gouvernement et la majorité des partis d'Espagne considèrent qu'il n'est pas permis par la Constitution.

- 10 janvier 2016: un séparatiste de longue date, Carles Puigdemont, devient président de la région. Toutefois, sur les dix villes catalanes les plus peuplées, six ont pour le moment refusé de s'impliquer directement dans l'organisation du scrutin - dont Barcelone (1,6 million d'habitants).

Le parquet de Catalogne avait déjà ordonné le 12 septembre à tous les corps de police de cette région espagnole d'empêcher ce référendum. Les maires participant au référendum, non reconnu par l'Etat, sont menacés d'arrestation. "Si les employés publics viennent à manquer, plus de 16 000 volontaires se sont inscrits pour aider à la tenue de la consultation populaire" rapporte Le Monde.

" Mais il est évident que si un "oui" à l'indépendance de la Catalogne voyait le jour - [c'est] à voir -, nous respecterions ce choix", a illico ajouté le chef de l'exécutif européen". La communauté "cotise plus aux caisses de l'Etat central qu'elle ne reçoit en retour sous forme d'investissements".

Cette mobilisation démontre que le mouvement en faveur de l'indépendance de la Catalogne est loin de faiblir, malgré les menaces du gouvernement espagnol, malgré l'illégalité du référendum déclarée par le conseil constitutionnel du pays.

Les débats autour de la langue cristallisent également les tensions.

Dès le petit matin, les représentants de la société catalane - partis, associations culturelles, clubs sportifs - se sont succédé pour déposer une gerbe au pied de la statue de Rafael de Casanova, héros de la résistance de Barcelone à la fin de la guerre de Succession de la couronne d'Espagne (en réalité, un conflit entre puissances européennes du XVIIIe siècle). "Les séparatistes ont vu cela comme une attaque à l'encontre d'une langue protégée", poursuit Politico.

Selon le dernier sondage officiel paru en juillet, l'appui à l'indépendance atteindrait 41,1 %, en baisse de 3,2 points de pourcentage par rapport à ce qu'il était au mois de mars.

Après avoir remporté les élections régionales en septembre 2015, les indépendantistes ont promis de mener la Catalogne vers son indépendance. Mais plus de 70% des Catalans souhaitait trancher la question par référendum. Ce refus du dialogue de la part du gouvernement de Madrid a fait glisser les nationalistes vers l'indépendantisme.

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