Mélenchon met sa défaite sur le dos d'Hamon — Présidentielle

Claudine Rigal
Septembre 14, 2017

Dans un entretien à "La Provence", le député de la France insoumise (LFI) explique: "S'il avait retiré sa candidature, il serait aujourd'hui Premier ministre et moi président de la République".

"Benoît Hamon n'a pas été capable de prendre la décision qu'il fallait prendre". Les lois de l'Histoire n'annulent pas la responsabilité des décisions individuelles. "C'est pour cela que je suis passé largement devant le PS. Il ne s'en relèvera pas car il est toujours tétanisé par les mêmes ambiguïtés", continue le député des Bouches-du-Rhône.

Quatre mois après sa défaite à l'élection présidentielle, Jean-Luc Mélenchon semble avoir encore de la rancoeur envers son adversaire du parti socialiste. Selon Mélenchon, "le PS préférait faire un score groupusculaire plutôt que de nous voir gagner". Le candidat de La France insoumise est arrivé quatrième au premier tour de la présidentielle, avec 19,58 % des suffrages exprimés, loin devant Benoît Hamon, cinquième avec 6,36 % des voix. "Notre intention était de prendre la tête du courant "dégagiste" ", a souligné M. Mélenchon, pour qui "la décision s'est jouée de si peu au premier tour ". "Nous aussi. Pas lui", estime-t-il dans cette interview. La vieille gauche est à bout de souffle. Il précise cependant qu'il jette "la rancune à la rivière" et qu'il "tend la main" à Benoît Hamon. "Nous sommes à l'heure où les feux de la vigilance sont allumés et toutes les mauvaises graisses fondent, en quelque sorte", résume-t-il, affirmant incarner "le recours contre le monde actuel" avec les seize autres députés "Insoumis" et les onze communistes. Si Jean-Luc Mélenchon reconnaît qu'Emmanuel Macron a senti lui aussi le vent tourner, les points communs entre les deux hommes s'arrêtent là. "Nous avons réveillé l'esprit de résistance du pays et tout ébranlé autour de nous jusque dans les rangs d'En marche". Et de citer l'exemple de l'alliance de François Bayrou avec Emmanuel Macron.

Avec des si. Jean-Luc Mélenchon refait une fois de plus le match de la présidentielle. "C'est moi le chef et maintenant, on leur rentre dedans", lance à la famille libérale l'ancien eurodéputé.

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