PSA accusé d'avoir truqué deux millions de moteurs — Dieselgate

Xavier Trudeau
Septembre 9, 2017

L'affaire est toutefois légèrement différente puisque la maison mère du groupe automobile français, Peugeot, est absente du grand rendez vous automobile allemand.

Il récapitule l'ensemble des éléments à charge réunis par les fonctionnaires de Bercy après des mois d'auditions d'ingénieurs de PSA, de perquisitions et d'étude de documents internes au constructeur. Ces derniers auraient été vendus "en France entre le 1er septembre 2009 et le 1er septembre 2015", précise Le Monde. "L'enquête conclut que les véhicules étaient équipés d'un "calculateur de contrôle moteur " pour "passer les tests d'homologation avec succès et éviter la surconsommation de carburant et la baisse du brio du moteur induites par l'utilisation de l'EGR", continue le quotidien français. On dit également n'avoir toujours pas eu accès le dossier d'accusation de la Répression des fraudes, qui avait transmis le résultat de son enquête à la justice en février dernier.

Révélation de l'affaire du logiciel tricheur présent sur les moteurs TDI du groupe Volkswagen. Toutes les marques ont dû, depuis, se soumettre à de nouveaux tests. 1,9 million de véhicules concernées Le rapport de la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) constitue l'une des bases de l'ouverture par le parquet de Paris d'une information judiciaire le 7 avril 2017 contre PSA.

Le cœur de la fraude présumée repose sur les niveaux d'oxydes d'azote (NOx), gaz nocif émis par les moteurs diesel et coûteux à dépolluer. Selon les découvertes des enquêteurs, les moteurs de PSA pouvaient fonctionner en deux modes.

La DGCCRF, citée par Le Monde, explique que les neuf modèles du groupe testés par l'Utac, l'organisme de certification des véhicules, présentent des taux d'émission d'oxyde d'azote (NOx) inférieurs à la limite autorisée (180 mg/km), dans les conditions spécifiques du test d'homologation.

Comment PSA a fraudé les tests?

De son côté, le constructeur a publié un communiqué dans la journée d'hier, où il "dément toute stratégie frauduleuse et réaffirme avec force la pertinence de ses choix technologiques". "Nos systèmes fonctionnent de moins 10 à plus 50 degrés, nos réglages d'injection d'urée sont faits pour minimiser les émissions de NOx en ville et celles de CO2 à la campagne".

Ajoutons que l'article du Monde a fait chuter l'action de PSA après sa parution le 8 septembre en fin de matinée. D'autant que les enquêteurs ont mis la main sur un document interne qui montre que le constructeur voulait rendre "moins visible " le "defeat device", soit le "dispositif d'invalidation ". Carlos Tavares serait lui aussi concerné par le dossier, non pas au titre de responsable de la tricherie organisée mais comme représentant actuel et légal du groupe industriel.

L'étau se resserre autour de PSA.

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