Rohingyas: Trudeau a parlé à Aung San Suu Kyi

Claudine Rigal
Septembre 16, 2017

La dirigeante birmane Aung San Suu Kyi a fait savoir de son côté qu'elle annulait un déplacement à l'ONU et promis de sortir publiquement de son silence.

Pourtant depuis le début de la crise, Aung San Suu Kyi reste très silencieuse sur la situation des Rohingyas, se contentant de dénoncer une "désinformation" et de soutenir l'Armée birmane qui mène cette campagne de répression dans l'Etat de l'Arakan - meurtres, viols, tortures selon les témoignages des Rohingyas réfugiés au Bangladesh.

Le cabinet du premier ministre a soutenu mercredi que M. Trudeau avait insisté auprès de Mme Suu Kyi pour que les leaders militaires et civils du pays prennent une position ferme afin de mettre un terme aux violences, qu'ils protègent les civils et qu'ils permettent aux agences des Nations unies et aux organismes humanitaires de venir en aide aux Rohingyas.

Le gouvernement du Myanmar a annoncé mercredi que ce ne sera pas Mme Suu Kyi qui participera ce mois-ci à l'Assemblée générale des Nations unies, parce qu'elle est retenue au pays pour gérer des questions nationales de sécurité - plus précisément "les attaques terroristes dans l'État de Rakhine".

'J'appelle les autorités de Birmanie à suspendre les activités militaires et la violence et à faire respecter la loi', a pour sa part déclaré M. Guterres, au cours d'une conférence de presse à New York.

Autorités locales et organisations internationales peinent à prendre en charge cette marée humaine.

Ils accusent l'armée birmane de tuer les leurs et d'incendier leurs maisons.

Les réfugiés arrivent au Bangladesh épuisés, démunis, affamés, après des jours de marche sous la pluie.

Traités comme des étrangers en Birmanie, un pays à plus de 90% bouddhiste d'Asie du Sud-Est, les Rohingyas sont, a-t-on dénoncé, "victimes de multiples discriminations: travail forcé, extorsion, restrictions à la liberté de mouvement et confiscation des terres".

Dans une lettre ouverte au Conseil de sécurité, une dizaine de prix Nobel ont appelé hier les Nations unies à " des actions audacieuses et décisives ".

Quant à l'Ong Human rights watch, elle s'est attendue à des "décisions substantielles" qui seraient prises par le Conseil de sécurité, notamment un embargo sur les armes en Birmanie.

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